France-Gabon: fin de l'incident diplomatique suite aux propos de Valls

Manuel Valls, lors de sa prestation dans l'émission «On n'est pas couché» sur France 2, samedi 16 janvier 2016.
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Depuis 24h, l’heure est à l’apaisement aussi bien à Paris qu’à Libreville, suite à l’incident diplomatique de ces derniers jours entre la France et le Gabon. Tout a commencé samedi dernier lors d’une émission de télévision française où le Premier ministre Manuel Valls a laissé entendre que le président gabonais Ali Bongo, n’avait pas été élu démocratiquement en 2009. Ou du moins «pas comme on l’entend» selon ses propres termes. Des déclarations qui ont suscité l’ire de Libreville, où l’ambassadeur du Gabon en France a été rappelé pour consultation.

L’incident est clos. C’est en substance ce qu’a expliqué mercredi 20 janvier le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll lors d’un point presse. « Nous avons des relations amicales et fortes avec le Gabon » a-t-il martelé. Pour calmer le jeu, l’ambassadeur du Gabon en France a d’ailleurs été reçu par le conseiller diplomatique de Manuel Valls dès lundi midi.

« L'ambassadeur a été reçu à Matignon pour dissiper toute question qui avait pu être évoquée. Les choses sont à partir de là dans l'ordre de ce que j'ai rappelé tout à l'heure, celui d'une relation entre la France et le Gabon qui est forte et nécessaire dans la lutte contre le terrorisme », a insisté Stéphane Le Foll.

Tonalité proche à Libreville, même si les autorités veilleront à ce que de tels incidents ne se reproduisent pas, surtout à quelques mois de nouvelles élections présidentielles. « Nous n’entendons pas alimenter de polémiques inutiles. Pour nous c’est terminé cette histoire. S’il y un nouveau développement, le ministère des Affaires étrangères interviendra », a fait savoir le porte-parole du gouvernement gabonais Alain Claude Bilie Bi Nze.

L’opposition gabonaise souligne, quant à elle, que les propos du Premier ministre français n’ont fait que corroborer ce qu’elle affirme depuis 2009. Selon elle, Ali Bongo n’a pas été élu dans les urnes en 2009 et c'est son rival André Mba Obame qui aurait dû l'emporter.

Contacté par RFI, L’ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong explique avoir été à l’époque surpris de l’attitude discrète des autorités françaises vis-à-vis du scrutin et semble, à demi-mot, espérer un tout autre discours pour la présidentielle de 2016.