Burundi: violences le jour de l'arrivée de la délégation de l'ONU

Des manifestants pro-gouvernementaux attendent l'arrivée de l'ambassadeur américain auprès des Nations unies, à Bujumbura, le 21 janvier 2016.
© GRIFF TAPPER / AFP

De nouvelles violences ont fait au moins un mort à Bujumbura. Des explosions et des tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale et un adolescent a été tué, selon des témoins. Les faits se sont produits après l'arrivée ce jeudi à Bujumbura de la délégation du Conseil de sécurité des Nations unies venue s'entretenir avec le gouvernement et tenter de faire baisser la tension. Une mission qui intervient quelques jours après un rapport alarmant de l’ONU et alors que le dialogue avec l’opposition en exil est au point mort. Une mission périlleuse d’autant que les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ne sont pas d’accord entre eux sur la solution à apporter à la crise. Ils découvrent en tout cas, une ville toujours en proie à la violence

Des explosions ont éclaté dans plusieurs quartiers de lacapitale, au nord, au sud et au centre-ville. Des tirs ont également été entendus. Une source officielle confirme des grenades, mais certains parlent aussi d’obus de petit calibre. Au moins un adolescent a été tué. Une autre personne est blessée, selon une source administrative.

En tout cas ces violences interviennent après que la rébellion armée Forebu a annoncé ce jeudi que l’ancien putschiste le général Niyombare est à sa tête. Mais surtout alors que le Conseil de sécurité des Nations unies est présent à Bujumbura. 

Pour accueillir la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU, il y a avait les fameux tambourinaires du Burundi et des groupes de danse folklorique, aux couleurs nationales. C’est ce que rapporte le maire de Bujumbura Freddy Mbonimpa qui assure que la population est allée « accueillir avec enthousiasme » la délégation du Conseil de sécurité. 

Un véhicule avec un mégaphone a parcouru certains quartiers de Bujumbura pour appeler la population à venir « souhaiter la bienvenue » au Conseil de sécurité. 

Des centaines de militants du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, ont été acheminés par bus. Les Imbonerakure, le mouvement de jeunesse de ce parti, sont également présents. Les taxis-motos et taxis-vélos ont aussi été mobilisés. 

Des pancartes pour dénoncer des «ingérences» étrangères

Sur des pancartes de plusieurs mètres de large, aux couleurs nationales, imprimées en excellente qualité, on pouvait lire des slogans en anglais tels que : « arrêtez d'interférer dans les affaires burundaises ». Ou encore: « Il n’y aura jamais de Génocide au Burundi »

Et, selon un participant, il y avait aussi des messages hostiles au déploiement de la Maprobu, la mission de maintien de la paix de l’Union africaine.

Voilà pour l’accueil organisé par les autorités. Pour ce qui est du programme de la visite en revanche presque aucune information. On avait parlé d’une rencontre avec la société civile ou l’opposition, mais cette dernière n’a reçu aucun signe dans ce sens à l’heure actuelle. 

La délégation devait rencontrer vendredi le président Piere Nkurunziza, à Karuzi dans le centre du pays 120 km de Bujumbura. On connaîtra peut-être la teneur des échanges après une conférence de presse prévue vendredi en milieu d'après-midi à  l’aéroport de Bujumbura, juste avant que la délégation de l'ONU ne s’envole pour Addis-Abeba. Une visite qui ne durera donc que 24h. 

C'est la deuxième visite des quinze ambassadeurs du Conseil de sécurité au Burundi en moins d'un an.