Nouveau renvoi du procès des assassins présumés du général Gueï

L'ouverture du procès des assassins présumés du général Gueï, le 17 décembre dernier, avant son renvoi au 21 janvier.
© Sia KAMBOU / AFP

En Côte d'Ivoire, nouveau faux départ pour le procès des assassins présumés du général Gueï, ex-chef de la junte ivoirienne tué en 2002. Une heure après sa réouverture jeudi 21 janvier, le procès a une nouvelle fois été renvoyé, pour étudier les éléments soulevés par la défense. Celle-ci soutient que les faits sont prescrits. Pour elle, cette audience ne devrait pas se tenir.

Le procès de l'assassinat de Robert Gueï aura-t-il bien lieu ? Cette audience annoncée comme hors normes, où certains des témoins sont de hauts responsables politiques, où parmi la vingtaine d'accusés figurent des dignitaires de l'appareil sécuritaire sous Laurent Gbagbo, où 13 ans après les faits, on doit tenter de savoir qui a tué un ancien président. A cette question, la réponse est « non », selon la défense.

Pendant près d'une heure jeudi, elle a plaidé que cet assassinat est prescrit et couvert par une loi d'amnistie. « Si le tribunal respecte la loi (...) cette procédure est éteinte (...) Mais je n'ai plus foi en ces procès politiques », a affirmé maître Ange-Rodrigue Dadjé, qualifiant la justice de « sourde et sous pression du pouvoir politique ».

Des arguments infondés, selon maître Singo Tia, l'avocat de la famille Gueï. « Pas d’amnistie, pas de prescription pour nous. Il y a eu une loi d’amnistie effectivement, mais cette loi excluait les crimes de sang. Lorsqu’on dépose une plainte par rapport à une infraction, la prescription est suspendue, estime l’avocat. Nous avons déposé la plainte le 10 septembre 2012. Nous estimons donc qu’à partir du 10, la prescription a été suspendue. Le procès aura lieu. »

Tous les protagonistes de ce procès doivent se retrouver lundi, ce sera alors au juge de trancher. S'il rejette les arguments de la défense, les débats sur le fond s'ouvriront. Le tribunal tentera alors de savoir ce qui s'est réellement passé ce 19 septembre 2002. Ce jour où, alors que la Côte d'Ivoire vivait un coup d'Etat manqué contre Laurent Gbagbo, Robert Gueï a été tué.