Burundi: la délégation des Nations unies doit rencontrer Nkurunziza

Le président Pierre Nkurunziza lors des célébrations du 53e anniversaire de l'indépendance du Burundi, à Bujumbura le 1 juillet.
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Au Burundi, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU a pu constater la précarité de la situation dans la capitale. Lors de leur arrivée, jeudi, de nouvelles violences ont éclaté dans plusieurs quartiers de Bujumbura. Des violences régulières depuis l'annonce du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza en avril dernier. Dans ce contexte, le Conseil a rendez-vous ce vendredi 22 janvier avec le chef de l'Etat pour tenter de le convaincre d'ouvrir un dialogue avec l'opposition.

La rencontre doit finalement avoir lieu à Gitega dans le centre du pays. Le président Nkurunziza est déjà sur place. Sur la route, rapporte un journaliste français, on voit à nouveau ces panneaux, imprimés, en anglais : « Le Burundi est un pays paisible », ou encore « Non à la Maprobu », la mission de l’Union africaine de prévention et de protection au Burundi.

Ce vendredi s’annonçait chargé pour les membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Dans la matinée, la mission a rencontré le ministre des Relations extérieures, qui a assuré à l’Agence France-Presse ne pas avoir changé de position concernant l’envoi de cette force. Pour les autorités burundaises, il n’est toujours pas question d’intervention extérieure.

Les attentes de l’opposition

Les membres du Conseil ont également rencontré le premier vice-président puis certains membres de la société civile avant de s’entretenir avec des membres l’opposition - ceux encore présents au Burundi, car il faut rappeler que la majorité a fui le pays. L’Uprona et Le Frodebu étaient notamment présents. Le président du Frodebu déplore des problèmes d’organisation, mais affirme avoir pu présenter aux membres du Conseil trois revendications.

Ces trois revendications sont le déploiement le plus rapidement possible d’une force de maintien de la paix au Burundi, l’ouverture d’un dialogue entre pouvoir et l’ensemble du Cnared, la principale coalition de l’opposition, en vue d’une transition et enfin, l’ouverture d’une enquête internationale sur les violations des droits de l’homme au Burundi, notamment sur les allégations concernant l’existence de fosses communes.

Le Frodebu dit espérer que le Conseil transmettra ces doléances au président au cours de la rencontre. Après ce rendez-vous, une conférence de presse doit avoir lieu à l’aéroport.