Face au Conseil de sécurité, Pierre Nkurunziza se montre inflexible

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Samantha Power, avec des représentants du Conseil de sécurité de l'ONU à Bujumbura, le 22 janvier 2016.
© AFP / ONESPHORE NIBIGIRA

Au Burundi, la visite du Conseil de sécurité des Nations unies s’est achevée ce vendredi soir avec une rencontre avec le président Pierre Nkurunziza à Gitega, dans le centre du pays. Après cette visite qui n’aura duré que vingt-quatre heures, les positions des uns des autres n’ont globalement pas changé.

Pierre Nkurunziza a balayé du revers de la main tout déploiement de troupes de protection pour protéger des civils comme l’envisageaient l’ONU et l’Union africaine. « L’aide dont le Burundi a besoin aujourd’hui n’est pas militaire », a-t-il tranché, comme le rapporte son porte-parole, Karerwa Ndenzako, sur Twitter.

Pas question non plus de dialoguer avec les putschistes ou l’opposition en exil. « La seule voie vers la paix et la démocratie est d’arrêter et juger les conspirateurs où qu’ils soient », a affirmé le président burundais.

Quant à l’enquête indépendante réclamée par l’ONU suite à la publication de son rapport faisant état de viols, de tortures, d’exécutions et l’existence de possibles charniers, là encore, Pierre Nkurunziza n’a rien promis. « Le Burundi y est favorable, si le gouvernement donne son accord », a-t-il répondu. Mais pour lui, le génocide « est une affabulation ».

Tout au long de la journée, les autorités burundaises ont voulu montrer au Conseil de sécurité de l'ONU une image positive du pays. Les militants du parti au pouvoir ont été mobilisés massivement pour accueillir la délégation. Tout au long du parcours, ils avaient brandi des pancartes imprimées en anglais sur lesquelles on pouvait lire « le Burundi est un pays paisible », « arrêtez d'interférer dans les affaires burundaises » ou encore : « il n’y aura jamais de génocide au Burundi ».

« Bienvenue au Burundi, un pays différent de ce que vous en avez entendu dire », a poursuivi le président Nkurunziza en guise d'introduction à sa rencontre avec les représentants du Conseil de sécurité.

Après une nuit de violences qui ont fait trois morts et 13 blessés à Bujumbura, le Conseil de sécurité a rencontré des officiels Burundais, dont le premier vice-président. Ce dernier a confié qu’il partageait les préoccupations du Conseil et qu’il envisageait une forme de coopération avec l’ONU. Le Conseil a ensuite rencontré des membres de la société civile et de l’opposition encore présente à Bujumbura. Une opposition qui plaçait dans la visite de la délégation beaucoup d’espoirs.

L’un de ses membres a dit qu’il espérait trois choses de l’ONU : un dialogue incluant l’opposition en exil, une enquête internationale sur les violations des droits de l’homme, et déploiement d’une force de protection des civils par l’Union Africaine.

Trois espoirs probablement déçus : le président s’est montré inflexible sur ces trois points lors de sa rencontre avec le conseil. Les espoirs se portent maintenant sur le message que le Conseil transmettra ce samedi à l’Union africaine. Ses membres ont décollé hier soir pour Addis-Abeba