Sénégal: zizanie à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale au Sénégal. (photo d'illustration)
© Carine Frenk

La séance aura été plus qu'agitée au Sénégal, jeudi 21 janvier. C'était la première séance de questions au gouvernement de l'année. La séance été grandement perturbée par des députés de l’opposition, notamment du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade. La raison : la bataille engagée depuis novembre pour savoir qui doit diriger le groupe parlementaire de l’opposition, un poste toujours occupé aujourd'hui par Modou Diagne Fada. Il avait été attribué à Aida Mbodj par l’ancien président Wade. Mais ce choix a été refusé par l’Assemblée nationale. S’estimant volés, les contestataires ont donc décidé de faire du bruit.  

Ecoutez le reportage de Guillaume Thibault dans l'hémicycle
22-01-2016

« Mesdames, Messieurs les députés, la séance est ouverte ». Salutations du président de l’hémicycle, Moustapha Niasse se permet ensuite une petite anecdote sur sa santé : « Actuellement, j’ai le pied dans le plâtre. Mais comme ce n’est pas mon cerveau qui est plâtré, j’ai donc pensé que je pourrais venir. »

La séance a bien débuté. Mais au bout de cinq minutes, sur la gauche, sept députés, notamment Aida Mbodj, El Hadj Diouf, Thierno Bocoum, foulards rouges sur le visage dans un style « cow boy », se lèvent et commencent à crier. Moustapha Niasse est clair : « Je suis désolé, Madame, vous n’aurez pas la parole en cette séance ! » Les cris continuent. Le Premier ministre se présente à la tribune, Mahammad Boun Abdallah Dionne reste imperturbable : « Je pense que votre gouvernement mérite aussi un peu de respect ! »

La député Aissata Diouf houspille les frondeurs : « Vous ne pouvez pas rendre ingouvernable cette Assemblée nationale, attention ! » Un autre : « Il n’y a pas de dialogue possible. » Les frondeurs quittent l’hémicycle sous les sifflets. Dans le hall, Thierno Bocoum dénonce un manque de démocratie : « L’Assemblée nationale risque de fonctionner sans groupe de l’opposition, sans membres de l’opposition. Et vous pensez que c’est comme ça qu’on va consolider la démocratie ? » Devant l’Assemblée, un taximan coupe la radio nationale qui diffuse la séance plénière et lance : « La classe politique me fait honte », avant de quitter la zone.