Faute de moyens, les Togolais désertent les centres de santé

La morgue du CHU de Lomé dans le quartier de Tokoin, en mai 2013.
© AFP PHOTO/DANIEL HAYDUK

« Pas de moyens », « Je ne veux pas aller au dispensaire ou l'hôpital », ce sont des réponses qu'on entend régulièrement chez les Togolais. En cause, les difficultés financières qui ne permettent pas toujours de se soigner correctement. Reportage dans des quartiers périphériques de la capitale.

Devant l'hôpital secondaire de Bè, Arthur attend encore son frère pour lui apporter l'argent. Leur maman est admise depuis la veille dans le centre à cause d'un accident vasculaire cérébral et les médecins attendent les médicaments. Le temps d'attente est long, il s'impatiente.

« Aujourd'hui, quand vous allez dans les centres de santé, on vous demande d'abord de déposer quelque chose, ou alors tous les soins qui vous seront administrés sont purement et simplement payants ! Et cela fait qu'aujourd'hui la plupart des citoyens fuient nos centres de santé publics », explique-t-il.

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Les centres de santé publics ne sont d'ailleurs pas les seuls concernés. Le problème est partout le même. En ville comme dans les hameaux, les patients hésitent ou refusent d'aller se faire soigner, faute de moyens. Et très vite, la solution la plus proche est trouvée.

« Les gens ont leur diplôme mais ils n'ont pas d'emploi, ce qui fait que le Togolais n'a pas les moyens financiers nécessaires pour aller soit dans les grands hôpitaux, ou dans les cliniques pour se faire soigner, regrette un Togolais au micro de RFI. Voilà pourquoi il y a d'ailleurs cette histoire de médicaments vendus au bord des routes, les cliniques dans le coin où les gens préfèrent aller. Avec des moyens modestes, on peut au moins apporter les premiers soins pour calmer une maladie. »

Par « clinique du coin », on comprend « clinique clandestine » tenue par des individus qui n'ont aucune notion de la médecine. Le rapport d'afrobaromètre publié ce mois de janvier 2016 est formel, 76 % de Togolais ont dû vivre l'année dernière sans soins médicaux.