Violences au Mozambique: des centaines de personnes fuient au Malawi

Un centre de traitement du choléra dans le district de Tete, au Mozambique, le 5 mars 2015.
© AFP PHOTO/Mauricio Ferretti

Au Mozambique, Manuel Bissopo, numéro deux du principal parti d'opposition, la Renamo, a été hospitalisé dans un état grave après avoir été blessé par balle, mercredi 20 janvier, en plein centre de Beira, la deuxième ville du pays. Un acte que la Renamo impute aux forces armées, dans un contexte de fort regain de tensions entre le gouvernement et l’ancienne rébellion. Ces affrontements entre la Renamo et l'armée, dans le nord du pays, ont forcé ces derniers mois plusieurs milliers de personnes à se réfugier au Malawi voisin. Depuis le mois dernier, près de 3 000 Mozambicains ont ainsi fui les violences et s’entassent dans des camps de fortune au Malawi, selon Médecins sans frontières (MSF).

Manuel Bissopo, secrétaire général de la Résistance nationale mozambicaine (Renamo), ancienne rébellion de la guerre civile (1976-1992) devenue le principal parti d’opposition, a été blessé par balle, par un commando armé.

Selon son parti, il a été attaqué par des militaires de l'armée en sortant d'une conférence de presse, à Beira. Manuel Bissopo, qui est également député à l’Assemblée mozambicaine et au Parlement panafricain, est hospitalisé dans un état grave. La police a confirmé l'attaque contre le député, mais pas l'identité des assaillants.

Depuis juin, des affrontements sporadiques éclatent régulièrement dans le nord du pays, entre les forces gouvernementales et la Renamo qui a rejeté les résultats des élections présidentielles et législatives de 2014.

Les tensions sont encore montées d’un cran lorsque la Renamo a annoncé son intention de s'emparer du pouvoir, d’ici mars, dans six des onze provinces du pays.

Près de 3 000 réfugiés en un mois

Les affrontements de ces derniers mois ont forcé plusieurs milliers de personnes à se réfugier au Malawi voisin. Joint par RFI, Amaury Grégoire, chef de mission MSF au Malawi, estime que près de 3 000 Mozambicains ont traversé la frontière, depuis le mois dernier. Ils s’entassent dans des camps de fortune.

« Les personnes que nous assistons, au niveau médical, arrivent dans un état de fatigue assez importante et de stress relativement évident, avec des rapports et des histoires qui relatent des conflits dans la zone d’origine d’où ils viennent. Ils font état de combats, de maisons brûlées, d’interventions militaires de la part de l’armée et d’autres actes de violence qu’ils ont observés », a précisé à RFI le chef de mission MSF au Malawi.

« Notre focus au niveau de Médecins sans frontières est d’apporter les soins aux personnes qui sont arrivées. Donc évidemment, on apporte un soin médical aussi bien pour les soins physiques que pour les soins psychologiques pour ceux qui en ont besoin. Dans ce cadre-là, on écoute bien sûr les patients.

Ceci étant, nous n’avons pas pu vérifier nous-mêmes la véracité des histoires qui ont été données par rapport aux combats de l’armée nationale. Nous ne voyons que des civils qui sont arrivés.

Nous voyons également beaucoup d’enfants atteints de malaria. 30% des tests que l’on fait sur les enfants sont positifs. Nous sommes donc dans une situation avec très peu d’eau disponible, avec des conditions sanitaires inquiétantes et avec beaucoup de maladies, notamment la malaria », a ajouté Amaury Grégoire.