Procès d’étudiants en RDC: les avocats demandent l’annulation des PV

L'Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
© (CC)/Humprey J. L. Boyelo/Wikipédia

En République démocratique du Congo (RDC), c’est un procès pour offense à la personne du chef de l'Etat qui a débuté, vendredi 22 janvier, à Kinshasa. Il se tient à la prison centrale de la capitale congolaise et c’est celui de trois étudiants, sympathisants du parti d'opposition, UNC, dénoncés par un collègue étudiant pour avoir écrit des tracts. Ils sont détenus depuis fin mars auprès de l’Agence nationale des renseignements (ANR). RFI a assisté à cette première audience, à la prison centrale de Makala, à Kinshasa.

Trois étudiants de l'Université de Kinshasa - Nguwa Wasosa, Bangomisa Ndinga Giresse et Bakuru Namulunda – sont suspectés d'atteinte à la personne du chef de l'Etat.

Ils ont été interpellés et entendus dans une chambre, sur le campus, par un collègue étudiant, la nuit du 28 mars 2015. « C’est l’étudiant lui-même qui les a arrêtés. Il les a maitrisés, les a amenés dans sa chambre et il les a auditionnés », a précisé maître Amisi Kibinga.

Le lendemain, les autorités de l'université les ont remis aux Services des renseignements. « Le recteur a certainement eu peur quand il a entendu que c’était l’ANR », a poursuivi l’avocat.

Après neuf mois de détention, au secret, les trois étudiants ont été transférés à la justice, le 9 décembre 2015. Depuis, ils sont incarcérés à la prison centrale de Makala. A la première audience, vendredi, les avocats de la défense ont demandé l'annulation de tous les procès-verbaux (PV) qui concernent cette affaire.

« Le parquet devait constater que le monsieur qui les a arrêtés n’avait pas qualité. Juridiquement et légalement, ces PV n’étaient pas valides. A partir de là, il pouvait les écarter et libérer nos clients », a insisté maître Amisi Kibinga.

La réponse du tribunal sera connue vendredi prochain, le 29 janvier.