Comores: les retombées financières de la campagne présidentielle

Image d'illustration. Devant le bureau de vote de Mbeni, à 50 kms de Moroni, pour le premier tour des élections législatives, début 2015.
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Le tour préliminaire de l'élection présidentielle aux Comores aura lieu le 21 février. Les campagnes électorales qui ont débuté ce jeudi 21 janvier battent déjà leur plein. Vingt-cinq candidats sont en lice. La Grande Comore vit au rythme des activités organisées autour d'eux. Reportage.

Les traditionnels meetings de campagne présidentielle marquent sans conteste le coup d'envoi des hostilités. On y trouve les chansons consacrées aux candidats, la guerre des affiches et autres banderoles est entamée, le porte-à-porte a également commencé et les cortèges de voitures où chacun s'improvise agent de la circulation. Est-ce décisif pour le choix du bulletin de vote ?

« Il y a pas mal de gens qui se contentent de donner beaucoup d'argent à des gens pour participer à leur meeting, avance un jeune Comorien au micro de RFI. Et les meetings, ça ramène toute la Grande Comore. Moi je peux dire que moi aussi je vais là-bas pour prendre l'argent. Il y a pas mal de gens qui y vont pour ça. Mais on sait qu'on ne va pas voter pour eux. Chacun sait pour qui il va voter. »

Dans certains rassemblements, on a compté 10 000 voir 12 000 personnes présentes. Pourtant, peu ont la patience de rester jusqu'à la fin. Certains sont aussi en marge des conférences car ils y trouvent un intérêt professionnel, comme l'explique Hassane, un chauffeur de bus.

« Nous les chauffeurs on est heureux en période de campagnes électorales, dit-il. Moi, je ne suis pas venu pour le meeting. J'y ai emmené des gens seulement car ça rapporte. Je n'ai aucune préférence. N'importe quel candidat qui paye pour qu'on transporte des gens à son meeting, je le fais. Je donne sa part au propriétaire du véhicule et j'ai la mienne aussi. »

Une population qui se déplace en masse, une ambiance de mariage où l'argent coule à flots. La séduction des électeurs est aujourd'hui autant une question politique que financière.

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