Tunisie: le couvre-feu respecté à Kasserine

A Kasserine, dans le centre défavorisé, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui bloquaient des routes et jetaient des pierres, le 21 janvier 2016.
© REUTERS/Amine Ben Aziza

La Tunisie vient de vivre sa première nuit de couvre-feu, dans la nuit de vendredi à samedi 23 janvier. La décision des autorités est survenue après des journées de protestations émaillées de violences, dans plusieurs villes du pays où de jeunes manifestants dénonçaient la crise et l'injustice sociale. C’est dans ce contexte qu'un Conseil des ministres exceptionnel se tient, ce samedi, à Tunis.

Le Premier ministre réunit son gouvernement pour chercher des réponses. Les manifestants attendent, en effet, des propositions concrètes pour enfin faire baisser le chômage et la pauvreté. Juste avant ce conseil extraordinaire, le chef du gouvernement, Habib Essid, a rencontré ses ministres de l'Intérieur et de la Défense pour faire le point sur la sécurité.

Les autorités ont instauré un couvre-feu qui a été respecté à Kasserine. C'est dans cette ville du centre que la contestation a commencé, il y a une semaine. Ce matin, la situation était plus calme. Pas d'émeutes, pas de violences. Pas d'affrontements non plus avec les policiers qui sont beaucoup plus nombreux dans les rues depuis hier. Un habitant raconte que les forces de l'ordre se sont bien comportées et qu’il n'y a pas eu de dérapage. Le ministère de l'Intérieur l’a par ailleurs confirmé, ce samedi matin, la situation se stabilise.

Néanmoins, les jeunes restent mobilisés. Quelques centaines de diplômés chômeurs occupent toujours le gouvernorat de Kasserine. Leurs revendications sont légitimes, assure le président tunisien. Béji Caïd Essebsi a expliqué, vendredi soir, qu'il n'y avait pas de dignité sans emploi.