Tunisie: la situation économique identique avant et après la révolution

Manifestation dans les rues de Tunis, le 20 janvier 2016.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

La Tunisie s’est réveillée, ce samedi 23 janvier, après une première nuit de couvre-feu. Aucun incident majeur n’a été signalé. Le gouvernement devait également tenir, ce samedi, une réunion extraordinaire après plusieurs jours de contestation sociale entachée d'émeutes. Des tensions sans précédent depuis la chute du régime de Ben Ali. Cinq ans après la révolution de Jasmin, les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

Ces manifestations de la misère ont éclaté après la mort d'un jeune chômeur dans la région défavorisée de Kasserine puis se sont étendues à toute la Tunisie.

La contestation sociale qui grandit en Tunisie rappelle la situation qui prévalait fin 2010 avant le déclenchement de la révolution de Jasmin. Cinq ans après, la situation économique et sociale n'a guère progressé et les revendications restent les mêmes.

En 2010, la Tunisie affichait un rythme de croissance de 3% et avait plutôt bien résisté à la crise financière de 2008. Cependant, le chômage et la pauvreté entretenaient le mécontentement. Cinq ans après, le chômage touche toujours 15% de la population et atteint même le double chez les jeunes diplômés.

L'économie, qui s'était effondrée en 2011 avec la chute du tourisme, de la production industrielle et des investissements étrangers, se redressait peu à peu jusqu'en 2014 mais la reprise des attentats, en 2015, l'agitation politique et les incertitudes sur l'avenir sont venues casser la reprise. En 2015 la croissance ne devrait pas dépasser 1%.

La Tunisie, qui accueillait en 2010 près de 7 millions de touristes, ne peut plus espérer revenir rapidement à ce chiffre. Les recettes touristiques ont chuté de 30% en 2015 par rapport à 2014.

Quant aux investissements étrangers, ils n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant 2010. Les prêts de la Banque africaine de développement (BAD) et le soutien financier de l’Europe dont la France, peinent à compenser la méfiance des investisseurs.