Tunisie: retour au calme, selon le ministère de l'Intérieur

Conseil des ministres exceptionnel samedi 23 janvier à Tunis, dirigé par le Premier ministre Habib Essid (centre).
© FETHI BELAID / AFP

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a appelé ce samedi à la « patience » après une semaine d'une contestation sociale inédite depuis la révolution de 2011 en Tunisie, sans annoncer des mesures concrètes pour s'attaquer aux problèmes persistants du chômage et de la corruption. Le Conseil des ministres a tenu ce samedi 23 janvier une réunion extraordinaire. Le ministère tunisien de l'Intérieur affirme que la situation est restée calme dans l'ensemble de la Tunisie ce samedi, après les manifestations de ces derniers jours. Le mouvement qui a démarré mardi dernier à Kasserine après le suicide d'un homme a rapidement fait tache d'huile.

Habib Essid a appelé les Tunisiens à la patience. Malgré un Conseil des ministres exceptionnel et une interview de près d’une heure en direct à la télévision, le Premier ministre tunisien n'a annoncé aucune mesure concrète ce samedi.

Habib Essid a demandé à ses compatriotes de comprendre qu'il y avait des difficultés, mais que les solutions existaient. Il a également souligné que la Tunisie était « en danger » malgré ce qui a pu être réalisé depuis la révolution. « Il y a pour le pays des défis sécuritaires, économiques et sociaux à relever », a-t-il déclaré.

Pas d'annonce sur le chômage

Pas de mesure concrète pour le moment pour lutter contre le chômage donc, qui est pourtant la principale préoccupation des manifestants qui se sont rassemblés dans plus d’une dizaine de villes du pays depuis le début de la semaine.

Ces derniers jours, l’absence du Premier ministre, en visite au forum économique de Davos puis en France, a suscité l’incompréhension dans le pays. Interrogé sur ce sujet ce samedi soir à la télévision tunisienne, Habib Essid a expliqué qu’il avait pu suivre ce qu’il se passait, même s’il n’était pas présent physiquement en Tunisie.

Seule annonce concrète de la journée, le Premier ministre tunisien a promis de faire construire une maison à la famille du policier mort mardi 19 janvier en dispersant une manifestation dans le centre du pays.

Retour au calme à Kasserine

Dans la journée, un calme relatif a régné dans les villes qui ont manifesté ces derniers jours. La vie a par exemple repris son cours à Kasserine, dans le centre du pays, le lieu d'où est parti le mouvement.

A Sidi-Bouzid, quelques lycéens ont mis le feu à des pneus, et de nouvelles destructions ont eu lieu dans des quartiers du Grand Tunis, mais il n'y a pas eu d'autre incident. Selon un premier bilan du ministère de l'Intérieur, 261 personnes ont été arrêtées vendredi pour troubles et 84 pour violation du couvre-feu.