Algérie: les femmes se mettent au sport

Des femmes algériennes sur la promenade du front de mer des Sablettes, à Alger, le 31 mai 2014. Les obstacles à la pratique féminine du sport en plein air sont encore nombreux.
© AFP PHOTO/FAROUK BATICHE

En Algérie, les femmes pratiquent de plus en plus d'activités sportives. Les salles de sport ouvrent dans les grandes villes mais, aller courir ou marcher dehors reste encore compliqué. Regard critique de la société et insécurité, les obstacles sont encore nombreux.

Entre le bord de mer et l’autoroute, une promenade de plusieurs kilomètres de pavés a été aménagée. Amina a 33 ans. En jogging et baskets roses, elle vient chaque semaine. « J’ai couru pendant 35 minutes. Après, j’ai fait 25 minutes d’exercices », nous dit-elle.

Mais, pour pouvoir courir, la jeune femme estime qu’il y a deux conditions indispensables. D’abord, ce qu’elle appelle la sécurité. « Si tu vois des familles, si tu vois des sportifs, là OK, on est en confiance. Mais toute seule, ce n’est pas possible », explique-t-elle.

Ensuite, il faut une voiture. « Pour arriver ici, il faut prendre l’autoroute. Il n’y a pas moyen si on n’a pas de véhicule ou quelqu’un qui peut nous amener », précise-t-elle. Un peu plus loin, Hadjer et Imène, venues courir en groupe, reprennent leur souffle.

« On commence à faire comme les étrangers »

« C’est la résolution 2016. J’ai commencé aujourd’hui », nous confie Hadjer avant d’ajouter : « Quand on travaille tout le temps, on n’a pas trop de temps de s’occuper de soi. C’est donc pour se maintenir en forme et pour être en bonne santé aussi ». Camélia veut perdre du poids. Elle aimerait marcher plus souvent mais elle considère qu’il n’y a que deux endroits dans la capitale où elle peut le faire.

« Si tu pars à d’autres endroits, impossible de faire du sport avec une tenue de sport ou bien de marcher tranquillement parce qu’on sera embêtées », précise-t-elle. L’amélioration du niveau de vie a poussé toute une partie de la classe moyenne à se mettre au sport et les femmes sont plus nombreuses, en jogging, dehors.

« On court maintenant devant les gens. Avant, c’était juste impossible. On commence à faire comme les étrangers », a ajouté Camélia. Si elle se démocratise, l’activité sportive reste cependant une pratique marginale. Dans les villes, elles ne sont que 7% à faire du sport.