Intervention au Burundi: encore des divergences entre l'ONU et l'UA

Arrivée des membres du Conseil sécurité de l'ONU au Burundi jeudi 21 janvier 2016, pour tenter de mettre fin à l'instabilité politique qui a déclenché des violences meurtrières.
© Photo MONUSCO/Jean Tobie Okala

Le Conseil de sécurité des Nations unies a brièvement fait halte à Addis-Abeba après son voyage au Burundi, toujours enlisé dans une profonde crise depuis huit mois. Les 15 membres ont rencontré le Conseil de paix et sécurité de l'Union africaine (UA). Mais entre l'UA qui continue de croire en un déploiement de forces et l'ONU qui mise sur une issue politique, les deux entités divergent.

Nations unies d'un côté, Union africaine de l'autre. Les représentants des deux instances ont discuté pendant près de trois heures au sujet du Burundi. C'est à mots couverts que les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU ont admis ne pas être en total accord avec le Conseil de paix et sécurité africain.

Pour l'instance de New York, la sortie de crise du Burundi ne passera pas par la force. La solution doit être politique : promouvoir le dialogue et déployer des observateurs militaires et des droits de l'homme de l'Union africaine.

Mais le dialogue, placé sous médiation ougandaise, stagne depuis plusieurs mois. Le 17 décembre dernier, l'Union africaine avait décidé un déploiement d'une force de prévention de 5 000 hommes. Un envoi de troupes qui doit être confirmé par le vote, à majorité des deux tiers des chefs d'Etat africains. Un tel vote serait une première.

De son côté, le Conseil de paix et sécurité continue de défendre sa prise de décision : oui, le déploiement sera adopté et oui, il sera transmis à New York pour que l'ONU l'avalise. Mais pour l'heure, côté onusien, aucun soutien formel n'a été prononcé.