Comores: la Céni remise en cause à un mois de la présidentielle

Des affiches de campagne à Moroni pour l'élection présidentielle dont le premier tour aura lieu le 21 février 2016.
© Ibrahim Youssouf / AFP

Alors que le premier tour de l'élection présidentielle aux Comores est prévu pour le 21 février, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) est remise en question par certains candidats. A l'origine de ce désaveu, le constat de nombreuses irrégularités, y compris par la Cour des comptes.

Le détonateur a été le tirage au sort pour définir l'ordre d'apparition des candidats sur les listes et bulletins électoraux. Durant cette opération, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a ordonné à l'armée d'empêcher deux commissaires d'entrer et les a par la suite suspendus.

Des dysfonctionnements graves, selon certains candidats à la présidentielle comorienne dont le premier tour est prévu le 21 février, comme Me Saïd Larifou, leader du parti RIDJA.

« Il y a des membres de la Céni qui ont été irrégulièrement démis de leurs fonctions sans que la procédure soit suivie, affirme-t-il. Il n'y a que deux personnes en fait qui siègent à la Céni. Soit le président Ikililou Dhoinine tire les conséquences de ces faits graves, soit nous lui ferons comprendre que ça ne peut pas continuer comme ça. Deuxièmement, la Cour constitutionnelle doit désormais appliquer et faire appliquer les textes. Nous la saisirons la semaine prochaine pour demander le départ du président de la Céni. »

Un président de la Céni qui reste serein malgré les attaques de toute part. En effet, le Dr Ahmed Mohamed Djaza assure pouvoir tout justifier et n'entend pas quitter son poste. « Ces suspensions ne sont pas arbitraires puisqu’elles font suite à de nombreux agissements de ces deux commissaires. Ils troublent le processus électoral, explique-t-il. Je peux même sortir des rapports qui l'attestent. Leur objectif est d'empêcher les élections. Un chef de service peut ordonner une suspension, alors un responsable d'institution d'autant plus. »

A cette affaire de suspension s'ajoute la question des 300 000 euros dont la Cour des comptes a exigé la traçabilité à la Céni. Sur ce volet aussi, le président de la commission électorale assure avoir tous les justificatifs nécessaires.