Gabon: les travailleurs des mines demandent des indemnisations à Areva

Vue de Libreville au Gabon.
© Wikimedia

Il y a 55 ans, le Gabon sortait de ses terres sa première tonne d'uranium. Depuis, l'exploitation d'uranium au Gabon a pris fin en 1999. A l'occasion de cet anniversaire, d'anciens ouvriers de la Comuf devenue Areva se sont réunis en assemblée générale samedi 23 janvier à Libreville. Ils exigent d'être indemnisés par Areva pour avoir été exposés à de fortes radiations.

Ils sont tous vieux et disent être malades. Ils estiment avoir été exposés durant leur carrière à de fortes radiations d'uranium.

Le témoignage de cet ancien ouvrier de la Comuf est poignant : « Je transportais la boue à l’usine. C’était du minerai pur. J’étais seul au fond des mines. Actuellement, je suis malade : des boutons qui sortent de mes deux pieds enflés. Ils ont vu à la biopsie que c’est une tumeur. Mais jusqu’alors, ils ne réagissent pas. Voilà le papier qu’ils m’ont donné. Je suis abandonné par Areva. Ils ne se sont pas occupés de moi. »

Autre témoignage : « J’étais chargé de boutefeu, c’est-à-dire l’utilisation des explosifs. J’ai le cœur gros. Mon cœur est gros. Ma tension va jusqu’à 21. »

« 440 personnes sont décédées »

Sous la pression des ONG internationales et d'anciens salariés français, Areva a fini par créer un Observatoire de santé en 2010. Cinq ans après, cet Observatoire n'a pas encore décelé un seul cas de maladie liée à l'uranium.

« 440 personnes sont décédées. Sur les 440, il y en a 325 qui sont mortes d’infection pulmonaire. C’en est trop. Aujourd’hui nous disons trop, c’est trop », a déclaré le président du Mouvement des anciens travailleurs de la Comuf.

A ce jour, le collectif ne veut plus entendre parler de l'Observatoire de santé d’Areva. Il exige une indemnisation de tous les anciens travailleurs et leurs ayants droit.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.