RDC: des conditions de détention alarmantes à la prison de Goma

Goma, Nord Kivu, RD Congo : Vue aérienne partielle de la ville de Goma.
© MONUSCO/Michael Ali

En République démocratique du Congo, l'administration pénitentiaire et les familles des détenus s'inquiètent des conditions de vie dans la prison de Goma. Construite à l'époque coloniale pour 150 prisonniers, elle en accueille aujourd'hui environ 1 800. En guise de solution, le chef de division de la justice du Nord-Kivu, Berthe Chekanabo, a demandé, mercredi 6 janvier, la réhabilitation de l'ancien bâtiment de la prison centrale de Munzenze.

« Je suis venue voir mon frère, ça fait sept mois qu'il est en prison et il n'est toujours pas passé depuis un juge », a déclaré une jeune femme. Comme ce prisonnier, 1 300 détenus sont en préventive sur un total de quelques 1 800. Combien d'innocents y a-t-il parmi eux, dénoncent des militants de la société civile. « Mais en admettant que la justice travaille plus vite, ça ne changerait pas le problème de surpopulation », explique un officiel.

« Nous faisons tout pour accélérer les procédures, de telle façon que ceux qui sont en prison pour des raisons de prévention, qui ne sont pas encore condamnés, puissent l’être rapidement, ou condamnés ou libérés, et ne maintenir en prison en tout cas que les grands criminels », a déclaré à RFI, Alexis Thambwe Mwamba, le ministre de la Justice.

Militaires, policiers, membres de groupes armés, coupeurs de route et simples détenus, tous vivent entassés. Des conditions de vie à la fois très dures et empreintes de violence.

Les criminels les plus endurcis font la loi

Il faut payer pour tout, se plaignent les familles : la nourriture, les soins, mais aussi payer d'autres détenus pour ne pas être maltraité et améliorer ses conditions de vie. Ce sont les criminels les plus endurcis qui font la loi.

« Mon frère est dans une cellule spéciale. Il a payé beaucoup d'argent pour ça. Les autres vivent dans des conditions horribles. Mais pour ça, on a dû payer 150 dollars », a expliqué une femme.

Douze fois trop de détenus

D'autres évoquent un droit d'entrée pour éviter les mauvais traitements. Une conséquence de la surpopulation admet un officiel.

« Avec le président de la République, nous sommes en train de mettre au point un programme d’urgence de réhabilitation d’un certain nombre de prisons centrales. Nous voyons également comment les provinces peuvent réhabiliter les prisons territoriales », a ajouté le Garde des Sceaux.

Il y a douze fois trop de détenus par rapport à la capacité d'accueil de la prison. Des activistes de la société civile dénoncent la passivité voire même la complicité de l'administration pénitencière.