Tunisie: la société civile attend davantage du Premier ministre

Le Premier ministre tunisien Habib Essid, à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

En Tunisie, les Tunisiens ont connu une deuxième nuit de couvre-feu, mesure imposée après une semaine de violente agitation sociale. La colère semble, pour le moment, retomber. Le gouvernement a tenu, samedi 23 janvier, une réunion de crise. Le Premier ministre, Habib Essid, a assuré que le dossier de l’emploi était prioritaire mais il a exclu toutes décisions hâtives et irréalisables.

Ce que l’on retient surtout ici, à Tunis, après une semaine de violente agitation sociale, c’est que le Premier ministre n’a formulé aucune nouvelle mesure contre le chômage alors que c’est la principale revendication des manifestants.

Le puissant syndicat Union générale tunisienne du travail (UGTT), par la voix de son porte-parole, répète donc que les promesses annoncées cette semaine par l’exécutif ne sont pas assez claires. Il appelle au dialogue et il attend une rencontre avec le Premier ministre, peut-être lundi 25 ou mardi 26 janvier.

« Pas de programme réel »

Une réunion avec le gouvernement, c’est ce qu’attend aussi l’Union des diplômés chômeurs (UDC) qui a appelé à des manifestations dans plusieurs villes, ces derniers jours. Pour le président de l’UDC, le gouvernement « n’a pas de programme réel » contre le chômage en Tunisie.

Et enfin, le cofondateur du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) évoque, lui, « la confusion et l’approximation » des déclarations du gouvernement, depuis le début de la semaine. Il appelle à la mise en œuvre effective de la décentralisation, une mesure qui est inscrite dans la Constitution de janvier 2014.

Le président du Front populaire, l'opposant Hamma Hammami, a également réagi en accusant l’exécutif tunisien de ne fournir que « des réponses sécuritaires » à la crise. Ses critiques ont été assorties d'une offre de service. Il a en effet affirmé que son mouvement était prêt à gouverner.