Cameroun: quatre attentats-suicide sur un marché dans l'Extrême-Nord

Des soldats camerounais patrouillent à bord de véhicules militaires dans la commune de Fotokol, à la frontière du Nigeria, le 3 février 2015.
© AFP PHOTO / STEPHANE YAS

Au Cameroun, quatre attentats-suicide ont eu lieu ce lundi 25 janvier entre 10h et 11h, sur un marché de Bodo, dans l’Extrême-Nord du pays. Le dernier bilan fait état d’au moins 32 morts et 66 blessés. Ce sont des jeunes filles qui portaient les bombes. Elles étaient quatre. Cette attaque est l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays.

Le bilan s'est alourdi ces dernières heures. Dans l’après-midi, le gouvernement faisait état de 32 morts et 66 blessés. Ces chiffres ne sont toujours pas définitifs car plusieurs blessés sont dans un état très grave. Ils ont été évacués par hélicoptère vers les villes de Mada et Maroua pour être pris en charge à l'hôpital.

L'attentat a visé Bodo, un petit village situé dans l'Extrême-Nord du pays, près du lac Tchad et tout près de la frontière avec le Nigeria.

Des jeunes filles kamikazes

Comme lors des dernières attaques commises au Cameroun, ce sont des jeunes filles qui portaient les bombes. Elles étaient quatre. Les explosions se sont produites sur le marché, vers 10h. A cette heure-ci, les habitants y étaient très nombreux. Selon une source sécuritaire, les kamikazes s'étaient dissimulés en vendeurs et se sont fait explosés concomitamment à plusieurs endroits du marché.

La méthode porte la marque de Boko Haram, le groupe nigérian qui se réclame désormais de l'organisation Etat islamique, appelé groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest. Pour les autorités, il n'y a aucun doute, même si aucune revendication n'a été communiquée pour l'instant. Joint par RFI, le gouvernement considère d'ailleurs aujourd'hui que l’ex-Boko Haram n'a plus de revendications, leur seul objectif étant celui de tuer.

Opérations militaires conjointes

La localité de Bodo a ainsi été le théâtre de la plus meurtrière série d'attentats-suicide jamais perpétrés au Cameroun. Le 29 décembre dernier, dans la même ville, deux femmes kamikazes s'étaient déjà fait exploser, sans faire de victimes civiles. La ville souffre du harcèlement quasi quotidien des jihadistes.

Le gouvernement a indiqué dans un communiqué que ces derniers jours, des opérations coordonnées entre forces camerounaises et les éléments de la force mixte multinationale avaient permis dans la région de neutraliser 17 jihadistes et de récupérer d'importants stocks d'armes et de munitions.