Nouveau gouvernement en Libye: les kadhafistes très critiques

Federica Mogherini et le Premier ministre du gouvernement d'union nationale libyen, Fayez el-Serraj, le 8 janvier 2016, à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

En Libye, le Parlement de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale, doit voter prochainement la confiance au tout nouveau gouvernement d'unité nationale, parrainé par l'ONU et dévoilé la semaine dernière à Tunis. Beaucoup de Libyens, dont le président du Parlement, s'y opposent, estimant que cet exécutif est « imposé » par l'ONU. Un acteur libyen s'est beaucoup exprimé sur la question ces derniers jours, depuis l'Egypte voisine : Ahmed Gueddaf Eddem, le cousin de l'ancien leader libyen Mouammar Kadhafi.

Depuis l’Egypte, Ahmed Gueddaf Eddem, cousin et ex-envoyé spécial de Kadhafi avant sa défection en 2011, agite le drapeau blanc. Dans les médias, il plaide pour la réconciliation entre tous les Libyens et dénonce le nouveau gouvernement imposé, selon lui, par l’ONU, qui exclut les anciens kadhafistes.

Une loi libyenne les écarte déjà des postes à responsabilité. Ils sont néanmoins bien présents sur la scène politique et médiatique libyenne. Dans les anciens bastions kadhafistes, comme Sebha dans le Sud, ou encore Bani Walid et Syrte, des manifestations sont régulièrement organisées. Le prétexte : dénoncer l’emprisonnement des anciens dignitaires, comme Saïf al-Islam, le fils de Mouammar Kadhafi, ou l’ex-bras droit d’al-Senoussi toujours en attente d’un procès.

Appel à l'intégration

Syrte, l’ancienne ville de Kadhafi, vaincue et laissée-pour-compte, est devenue, à la faveur du chaos actuel, le fief de l’organisation Etat islamique. Les tribus de la ville, dont celle de Kadhafi, ont fui et ne se sont pas alliées à la mouvance terroriste, mais de plus en plus de voix, y compris en Libye, appellent à associer les perdants de la révolution de 2011 au processus de reconstruction afin d’éviter qu’ils deviennent à leur tour, facteurs de déstabilisation.