Procès de 17 jeunes en Angola: une ONG française hausse le ton

De nouveau sur le banc des accusés, 17 jeunes Angolais accusés de rébellion et tentative de coup d'Etat.
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En Angola, de nouveau sur le banc des accusés, 17 jeunes accusés de rébellion et tentative de coup d'Etat. Ils avaient été arrêtés en juin 2015 alors qu'ils participaient à une réunion sur l'alternance démocratique et discutaient d'un livre sur la désobéissance civile. Aujourd'hui, deux comparaissent libres, les autres sont en résidence surveillée. L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) réclame l'abandon des poursuites et du harcèlement dont ils sont victimes.

Pour Clément Boursin, chargé de l'Afrique au sein de l'Action chrétien-abolition-torture (ACAT), les autorités angolaises veulent faire un exemple de cette affaire : « Ces 17 jeunes, c’est plus à mon avis un symbole, c’est un emblème de la mobilisation citoyenne et de la jeunesse angolaise. Dans les faits concrètement, ils ne représentent rien en termes de risques malgré ce que veulent nous faire croire les autorités. »

Selon Clément Boursin encore, les autorités veulent faire croire que discuter d’alternance démocratique et politique en Angola est un crime. « Or, ils n’ont commis aucun crime. On leur reproche une rébellion, des flagrants délits de coups d’Etat, de tentatives de coups d’Etat. C’est une vraie mascarade », poursuit-il. Et le chargé de l'Afrique au sein de l'Action chrétien-abolition-torture d’ajouter que ce procès jette un discrédit sur le régime en place depuis 1979 : « C’est une vraie pièce de théâtre avec un certain nombre d’acteurs. Et le but, c’est d’étouffer tout mouvement de contestation au sein de la jeunesse angolaise et de la société civile. »

Mettre fin au silence des partenaires du pays

Pour Clément Boursin, il faut désormais que les partenaires de l'Angola sortent de leur silence. « On a le sentiment que du fait de partenariats économiques, notamment de la France, on reste un peu silencieux sur ces sujets. » Le 2 juillet dernier en effet, François Hollande s’était rendu en Angola avec une cinquantaine de chefs d’entreprise. Il avait signé beaucoup de contrats et il avait été silencieux sur cette arrestation survenue seulement 15 jours avant. « Et depuis lors, la France est très silencieuse sur ce volet et il est important que les partenaires de l’Angola fassent comprendre au pays qu’il est fini de jouer cette pièce de théâtre et cette mascarade judiciaire. Ces jeunes doivent être acquittés. On doit abandonner les poursuites à leur encontre et il faut arrêter de les harceler, et plutôt avoir une écoute pour la jeunesse en Angola. »