RDC: des cartes d’électeur dans les mains de réfugiés burundais

Le territoire d'Uvira, au Sud-Kivu, où une délégation parlementaire s'est rendue.
© Monusco/Force

La mission parlementaire envoyée dans le territoire d'Uvira confirme la détention des cartes d'électeur de la RDC par des réfugiés burundais. RFI a rencontré le vice-président de la mission, le député Justin Bitakwira, de retour d'Uvira.

« Il y a des détenus burundais qui détiennent des cartes d’électeurs de la République démocratique du Congo. » C’est ce qu’affirme le député Justin Bitakwira dont la mission parlementaire au Sud-Kivu a rencontré des Burundais détenteurs des fameux documents.

Détenues à l'Agence nationale du renseignement (ANR), ces personnes auraient subi un entraînement dans des centres d'instruction du Rwanda, avant leur infiltration en RDC. Leur mission : rejoindre par petits groupes des rebelles Burundais à partir de la plaine de la Ruzizi et Kavinvira, en territoire congolais pour attaquer le Burundi. « Et eux-mêmes ont déclaré qu’ils passent par le Rwanda. Ils font des entraînements dans des camps militaires. Certains sont des anciens militaires, d’autres ce sont des civils qui passent par une formation militaire. On leur délivre des cartes d’électeurs au Rwanda et enfin on les envoie en République démocratique du Congo. Apparemment c’est pour aller prêter main-forte à la rébellion du Burundi », poursuit Justin Bitakwira.

Ces cartes d'électeur seraient imprimées au Rwanda et au Burundi. Elles proviendraient des lots volés dans l'Est de la RDC par des membres de l'ancienne rébellion du Mouvement du 23-Mars, le M23, réfugiés au Rwanda. Les infiltrations ont commencé il y a quatre mois, affirme le rapport de la mission parlementaire.

Rapport débattu au printemps

Cependant les responsables de la justice militaire et civile, eux, ont déclaré n'avoir pas été officiellement saisis de cette affaire qui est gérée par la seule ANR : « C’est vrai les magistrats civils comme militaires ont dit qu’ils ont appris cette information, comme tous les citoyens de la rue. »

Il faudra cependant attendre la rentrée parlementaire, au mois de mars, pour que le rapport soit débattu au Parlement.

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