Le Burundi toujours au centre des discussions avant le sommet de l'UA

La nouvelle Assemblée générale devra se focaliser sur la crise au Burundi. Addis Abeba, le 30 janvier 2014.
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Le week-end prochain doit se tenir à Addis Abeba le 26e sommet de l'Union africaine avec pour thème les droits de l’homme. En prélude, tous les ministres africains des Affaires étrangères sont attendus ce mercredi matin dans la capitale éthiopienne pour un Conseil exécutif de l'UA, dont le sujet majeur sera le Burundi, enlisé dans une profonde crise depuis huit mois.

Des « violations massives » des droits de l'homme au Burundi, indiquait le dernier rapport des Nations unies la semaine dernière. Les droits de l'homme, éternelle problématique du continent et d’une Union africaine qui peine à s'organiser. Le protocole censé lancer la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples n'a pour l'heure été ratifié que par 24 Etats. Soit à peine la moitié.

Les droits de l'homme, mais avec un accent sur les droits de la femme. L'Union africaine avait déjà déclaré 2015 l'année de l'autonomisation de la femme. Un enjeu cher à la Commission.

Dlamini-Zuma candidate à sa succession ?

La Commission sera elle aussi au cœur des spéculations. Le mandat de Nkosazana Dlamini-Zuma prendra fin en juillet. Se représentera-t-elle ? D'après les rumeurs, non. La présidente de la Commission semblerait vouloir se concentrer sur la politique sud-africaine avec en vue l'élection présidentielle de 2019.

De nouveaux visages apparaîtront aussi au sein du Conseil de paix et sécurité. L'ensemble des membres sera renouvelé en fin de semaine.

Mais parmi les quinze représentants, les poids lourds de la politique africaine, le Nigeria, l'Algérie et l'Ethiopie devraient conserver leurs fauteuils. Et la nouvelle assemblée devra, sans surprise, se focaliser sur le cas du Burundi.

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■ Retour sur les relations récentes entre l'UA et le Burundi

Avec notre envoyé spécial à Addis AdebaChristophe Boisbouvier

Tout remonte au 18 décembre. Ce jour-là, l’Union africaine propose l’envoi au Burundi de quelque 5 000 soldats de la paix, même si le gouvernement burundais n’est pas d’accord.

Une intervention militaire de l’UA dans un pays africain contre son gré, on n’avait jamais envisagé cela à l’Union africaine jusqu’à ce jour. Stupeur à Bujumbura. Le président Nkurunziza réplique très vite que si cela arrive les Burundais se battront contre « cette force d’invasion ».

Le 28 décembre, le numéro un burundais lâche un peu de lest. Il envoie deux ministres à Entebbe, en Ouganda, pour participer aux côtés de l’opposition à la cérémonie d’ouverture d’un futur dialogue. Mais depuis, plus rien. Pierre Nkurunziza campe sur une position pure et dure : pas d’amnistie pour les opposants en exil et donc pas de dialogue avec ces figures de la politique burundaise.

Du coup, l’Union africaine ne relâche pas la pression. Ce matin, lors du Conseil exécutif de l’UA, les ministres africains des Affaires étrangères vont préparer la réunion spéciale Burundi à laquelle doivent assister après demain soir une dizaine de chefs d’Etat. Pour l’heure, l’envoi d’une force africaine au Burundi est toujours à l’ordre du jour, la fermeté de Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente sud-africaine de la Commission de l'Union africaine, cela peut en surprendre plus d’un. Mais elle est à la mesure de l’enjeu : un risque de guerre civile, voire de génocide au Burundi.