Afrique du Sud: manifestation de l'Alliance démocratique pour l'emploi

Des militants de l'Alliance démocratique, à Johannesburg, le 3 mai 2015, lors du dernier meeting du parti d'opposition sud-africain.
© REUTERS/Mike Hutchings

En Afrique du Sud, plusieurs milliers de militants du principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique, ont défilé dans le centre de Johannesburg, mercredi 27 janvier, pour protester contre le chômage. L’Afrique du Sud est la deuxième économie la plus importante du continent, mais son taux de chômage dépasse les 25 %, le double chez les jeunes. Et à 6 mois des élections locales, l’opposition a décidé de faire de l’emploi son thème de campagne.

C’est une vague bleue – aux couleurs de l’opposition – qui a défilé dans les rues de Johannesburg. Beaucoup de jeunes qui ne trouvent pas de travail malgré leurs études, mais également des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants.

Kujuluwa et Léonard viennent tous deux du Mpumalanga, une des provinces les plus pauvres du pays. « Il n’y a pas de travail là où j’habite. Les gens trainent dans la rue. Les mères de famille vivent des allocations de l’Etat, les grands-parents nourrissent leurs petits-enfants avec le peu d’argent qu’ils reçoivent pour leur retraite. Il y a une telle pauvreté, que nous ne savons même plus quoi faire. C’est pour ça que je suis ici aujourd’hui », explique Kujuluwa.

« Le climat créé par le gouvernement fait fuir les investisseurs. Et si il n’y a pas d’investisseurs, il n’y a pas de travail. Par exemple d’où je viens, il n’y a pas d’industrie, les gens sont obligés de quitter la province pour trouver du travail. Vous étudiez, vous finissez l’école et vous devenez inutile. Les seules personnes qui trouvent du travail sont celles proches du parti au pouvoir et qui sont embauchés par la municipalité », renchérit Leonard.

L'Alliance démocratique dénonce la politique de l'ANC

Nombreux sont déçus par le parti au pouvoir, et ont décidé de voter pour l’opposition. Comme Michael, ancien de l’ANC, qui, à 65 ans, ne peut pas partir à la retraite. « Je subviens au besoin de mes enfants, ils ont terminé le lycée, mais ils ne trouvent pas de travail. Ils n’ont pas d’argent et je n’ai pas d’argent en tant que parents pour les envoyer à l’université, pour qu’ils fassent des études, qu’ils acquièrent une formation », explique-t-il.

Pour le principal parti d'opposition, il est inacceptable que 22 ans après la fin de l'apartheid, la majorité des Sud-Africains noirs soient toujours aussi pauvres.

Vusi est de Carletonville à l'ouest de Johannesburg, frappé de plein fouet par la fermeture des mines d'or. « Les gens là-bas souffrent, la plupart ne travaillent pas, ils n'ont pas d'emploi, d'opportunités, raconte-t-il. Ils ont des compétences, mais ils n'ont pas de moyens pour se lancer dans autres choses. Il faut être lié à quelqu'un dans le gouvernement pour recevoir des fonds. On se dit qu'avec l'Alliance démocratique il y a peut être une opportunité de changement. »

L'Alliance démocratique a centré sa campagne sur l'emploi et veut déloger le parti au pouvoir dans plusieurs grandes métropoles, dont Johannesburg, Pretoria et Port Elizabeth, la cinquième ville du pays.

L’Alliance démocratique dénonce notamment la politique populiste du gouvernement qui fait fuir les investisseurs étrangers. Il faut dire que le mois dernier, le président Jacob Zuma a changé trois fois de ministres des Finances en une semaine, faisant dégringoler la monnaie nationale.