Etat civil d’Ali Bongo: une plainte pour «faux» déposée en France

Les détracteurs d'Ali Bongo l'accusent d'avoir menti sur ses origines, ce qui pourrait l'empêcher de briguer un nouveau mandat.
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Nouvel épisode dans l'affaire de la filiation d'Omar Bongo. L'une des demi-soeurs d'Ali Bongo, l'actuel président gabonais, a déposé plainte contre X en France, pour « faux et usage de faux ». Ce qui est visé, c’est l'extrait d'acte de naissance d'Ali Bongo que cette demi-sœur a obtenu auprès des services de l'état civil français. Un document qui appartient donc aux archives du ministère des Affaires étrangères rapatriées en France au moment de la décolonisation et qui présente, selon l'avocat d’Onaida Bongo, plusieurs éléments suspects.

L'acte est daté du 10 février 1959 et porte le numéro 47. La justice française avait ordonné en novembre dernier qu'il soit transmis à Onaida Bongo qui conteste le lien de filiation entre son demi-frère et ancien président Omar Bongo Odimba. Mais le document, estime son avocat, n'est pas convaincant.

Pas de tampon officiel, pas de signature de l'officier d'état civil qui a enregistré la naissance. Un adjoint au maire de Brazzaville qui n'était de toute façon plus en fonction en 1959, assure l'avocat. Autant d'éléments qui remettent en cause l'authenticité du document et par conséquent le lien de filiation entre Omar et Ali Bongo.

« Manipulation politicienne », rétorque l'avocate française de l’actuel président gabonais. Et Me Dumont-Beghi souligne que le document provient des très officielles archives de l'Etat français et qu'il fait donc foi, jusqu'à preuve du contraire.

La Constitution gabonaise impose aux candidats à la présidence d'être « nés gabonais ». L'élection d'Ali Bongo en 2009 et sa candidature à la réélection au mois d'août prochain pourraient donc être menacées par cette plainte. Mais l'avocat de Onaida Bongo assure que sa cliente n'a que des motivations personnelles liées à l'héritage d'Omar Bongo.