Offense au chef de l'Etat: le procès d'Amadou Sall a repris au Sénégal

L'avocat sénégalais Amadou Sall (G) est jugé pour offense au chef de l'Etat et atteinte à la sûreté de l'Etat.
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Au Sénégal, le procès d'Amadou Sall, qui avait été reporté, s'est tenu ce mardi. Cadre du PDS, le parti d'Abdoulaye Wade, ancien ministre de la Justice, il est jugé pour offense au chef de l'Etat et atteinte à la sûreté de l'Etat après des déclarations tenues lors d'un rassemblement politique en mars 2014. Amadou Sall était à l'époque l'avocat du fils de l’ex-président et avait déclaré que « si Karim Wade était condamné, Macky Sall ne passerait pas une nuit de plus au palais ». Il avait également traité le chef de l'Etat de « peureux, d'incompétent, d'incapable et d'impuissant ».

Juger un avocat réputé, défendu par six confrères. Le président du tribunal de Dakar a rapidement marqué son territoire. Sans être tendue, l'ambiance dans la salle d'audience était particulière.

Le président : « Vous voulez vous expliquer ? » La réponse positive d'Amadou Sall est dure à entendre. « Pas avec cette voix frêle », enchaîne le juge. « J'ai tenu les propos que j'ai tenus, j'assume », répond l'avocat qui est revenu en longueur sur le contexte de l'époque. A quelques jours du verdict dans le procès Karim Wade, la tension politique était en effet forte.

Trois mois de prison avec sursis

Malgré ces explications, le procureur ne laisse rien passer : « Vous êtes avocat, vous avez été Garde des Sceaux, vous n'êtes pas un citoyen ordinaire. C'est un appel clair à la révolte, c'est une atteinte directe au chef de l'Etat », affirme-t-il. Il demande trois mois de prison avec sursis.

Les avocats d'Amadou Sall, notamment Ciré Clédor Ly, reprennent les deux accusations point par point et affirment notamment que l'irrévérence ce n'est pas l'offense. Tous plaident la relaxe de leurs clients. « Même si le réquisitoire est clément, cela n’est pas notre problème. Dans une nation qui a opté pour la démocratie et la défense des libertés que la loi soit respectée. (...) Il n’y a pas d’infraction pour nous », campe Me Ciré Clédor Ly.

Le président demande à Amadou Sall s’il souhaite s’exprimer une dernière fois. Ce dernier refuse. La séance est levée. Le verdict sera rendu le 23 février.