RDC: les membres du MSR fidèles à la majorité obtiennent leur agrément

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

En République démocratique du Congo, la querelle autour du nom du Mouvement social pour le renouveau (MSR) continue. Le parti est déchiré entre ses membres passés à l’opposition et ceux restés fidèles à la majorité. Le ministère de l’Intérieur a accordé le 23 janvier dernier un nouvel agrément au nom du MSR à l’aile « loyaliste » du parti. Une manœuvre politique dénonce le camp d’en face.

Deux conférences de presse du Mouvement social pour le renouveau (MSR) dans la même journée. Deux sièges différents, mais les mêmes couleurs. Le MSR, c’était jusqu’au mois de septembre dernier le deuxième parti de la majorité présidentielle en République démocratique du Congo.

Mais la formation politique, ainsi que six autres, a annoncé être passée à l’opposition. Pour ajouter à la confusion, ces dernières semaines, d’autres cadres du parti se sont manifestés, revendiquant leur appartenance au camp présidentiel.

Pour finir, le ministère de l'Intérieur a donné le 23 janvier dernier un nouvel agrément au nom du MSR aux cadres restés loyaux à la majorité, au grand dam de leurs rivaux de l'opposition.

« En tant que MSR, nous étions dans une situation inconfortable depuis 2005 et maintenant que l’arrêté est sorti, cela nous rétablit sur le plan juridique », a réagi le secrétaire général de l’aile pro-gouvernementale du MSR Me François Masumbuko Rubota.

Mais pourquoi avoir attendu que leurs anciens camarades rejoignent l’opposition pour régulariser la situation ? « On n’a pas attendu qu’ils partent à l’opposition, rétorque-t-il. Nous étions dans le processus de régularisation de notre situation juridique. Je pourrais même dire qu’eux ont été pressés pour nous désorienter de notre objectif principal. »

Manœuvre politique

Et cet objectif, c'est que le MSR reste un parti de la majorité. Pour Muhindo Nzangi, président du groupe parlementaire MSR à l'Assemblée, il ne s'agit là que d'une manœuvre du pouvoir.

« Un parti politique ne peut pas fonctionner, ne peut pas avoir de député ou de candidat, sans avoir un agrément donné par le ministère de l’Intérieur. Nous avions un agrément, le parti a commencé sous un autre nom, il a été régulièrement transformé en 2006, relate-t-il. Ce qui vient d’être fait, cela entraîne une superposition des partis politiques. La manœuvre est politicienne. »

Muhindo Nzangi appuie ses affirmations par une série de documents dont la liste des partis agréés, incluant le MSR, transmise par le même ministère de l'Intérieur l'an dernier à la Commission électorale.