Discours de Nkosazana Dlamini-Zuma à Addis-Abeba: ses adieux à l'UA?

La présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, est favorable au déploiement d'une force au Burundi. Les dirigeants africains se prononceront lors d'un vote inédit en fin de semaine, durant le sommet de l'Union africaine.
© Compte Twitter de Nkosazana Dlamini-Zuma

Dans les couloirs de l'Union africaine, beaucoup pensent que la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma ne sera pas candidate, au mois de juin prochain, à un second mandat à la tête de la Commission de l'Union africaine. De fait, mercredi 27 janvier à l'ouverture du conseil exécutif de l'UA, en prélude au 26e sommet, le discours de la présidente de la Commission avait les accents d'un message d'adieu.

Dans son discours, mercredi 27 janvier, Nkosazana Dlamini-Zuma a bousculé quelque peu ses auditeurs. « L’Afrique manque de compétences, a-t-elle dit. Il faut que les enseignants, les fonctionnaires de l’immigration, les collecteurs d’impôts, soient à la hauteur. Comme disait Kwame NKrumah, il nous faut du courage, il nous faut travailler et oser. »

Dans ce discours, la diplomate sud-africaine a eu aussi des mots pas très diplomatiques sur le Sahara occidental. « Les Nations unies doivent tout faire pour que le processus avance, a-t-elle dit. Il n’est pas acceptable que rien n’ait été fait depuis si longtemps ! »

→ À relire : Le Burundi toujours au centre des discussions avant le sommet de l'UA

Depuis un mois, Nkosazana Dlamini-Zuma fait preuve d’une fermeté inhabituelle sur un dossier politique, celui du Burundi. Le 18 décembre, elle a envisagé publiquement l’envoi d’une force africaine de quelque 5 000 hommes dans ce pays, que cela plaise ou non au président Nkurunziza.

Vendredi 29 janvier, elle va soumettre ce plan aux quelque dix chefs d’Etat africains qui vont participer à un sommet spécial sur le Burundi. Pour le ministre angolais des Affaires étrangères Georges Chikoti, il est encore possible d’éviter une confrontation entre l’Union africaine et le Burundi, si les pays de la sous-région parviennent à convaincre Pierre Nkurunziza que ce futur contingent de l’UA ne sera pas une force hostile.