Burundi: l’UA tente de faire pression sur Pierre Nkurunziza

Le président burundais Pierre Nkurunziza, le 20 août 2015.
© © AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIY

L’Union africaine, actuellement en sommet à Addis-Abeba, se penche ce vendredi 29 janvier sur le cas burundais. Les chefs d’Etat tentent de convaincre le président du Burundi Pierre Nkurunziza d’accepter le déploiement d’une force de 5 000 hommes sur son territoire. Ce qui est loin d’être gagné.

Le Burundi est à l’ordre du jour, ce vendredi 29 janvier au sommet de l’Union africaine qui se tient à Addis-Abeba. Officiellement, l’enjeu est militaire. Il s’agit de convaincre le régime de Pierre Nkurunziza d’accepter le déploiement d’une force africaine de quelque 5 000 hommes sur son territoire.

Mais jusqu'à présent, le chef de l’Etat burundais ne veut pas en entendre parler, allant jusqu’à évoquer une force d’invasion. Pourtant, « je crois que ça s’est déjà amélioré, dément le ministre angolais des Affaires étrangères Georges Chikoti. Je crois que le président Nkurunziza est très raisonnable, il est ouvert pour travailler avec l’Union africaine. »

Nous voulons tous la paix pour le Burundi...
Georges Chikoti, ministre angolais des Affaires étrangères
29-01-2016 - Par Christophe Boisbouvier

Depuis le 18 décembre, l’Union africaine (UA) se dit prête à déployer ces soldats que cela plaise ou non au président du Burundi. Et jeudi matin, la commissaire des affaires politiques de l’UA, la Nigériane Aïcha Abdoulaye, en a brandi à nouveau la menace.

« Boulevard à une guerre civile »

Mais en réalité, l’enjeu est surtout politique. En agitant l’épouvantail d’une force africaine au Burundi, l’UA espère contraindre le président Nkurunziza à ouvrir le jeu. Sous-entendu : si le pouvoir burundais accepte de dialoguer avec son opposition en exil, il n’y aura peut-être plus besoin d’envoyer la troupe.

« S’ils ne prennent pas des mesures drastiques contre la dictature de Nkurunziza, s’ils ne décident pas d’envoyer la Maprobu (force de stabilisation de l’UA) soutenir et protéger le peuple burundais, les Burundais sentiront qu’ils sont abandonnés à eux-mêmes et ils vont décider de s’auto-défendre », met en garde Pancrace Cimpaye, le porte-parole du Cnared, qui regroupe les opposants à un troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza.

« Et s’ils s’auto-défendent, ajoute-t-il, s’ils prennent des armes, ce sera l’ouverture d’un grand boulevard à une guerre civile. Une guerre civile au Burundi, ce n’est pas bon pour le Congo, ce n’est pas bon pour le Rwanda, ce n’est pas bon pour la Tanzanie, ce n’est bon pour personne ! »

Jeudi, le représentant du Burundi à Addis-Abeba, le ministre des Affaires étrangères Alain Aimé Nyamitwe, s’est dit prêt à l’ouverture et à un dialogue inclusif à 100 %.

Une guerre civile au Burundi ce n'est bon pour personne...
Pancrace Cimpaye, porte-parole du Cnared, plateforme d'opposition à Pierre Nkurunziza
29-01-2016 - Par Carol Valade