L'Ouganda se munit de machines biométriques pour les élections

A moins de trois semaines de l'élection présidentielle, les électeurs ougandais ont pu tester les machines biométriques qui seront utilisées le jour du scrutin.
© Gaël Grilhot/RFI

Le décompte est lancé avant les élections générales en Ouganda. Le premier tour de la présidentielle aura lieu le 18 février. Afin de s'assurer des élections les plus libres et équitables possibles, la commission électorale multiplie les initiatives. Parmi elles, la mise en place de machines biométriques dans tous les districts du pays, une première. Elles permettront d'identifier les quinze millions d'électeurs enregistrés et par la même s'assurer qu'ils ne votent pas deux fois. Hier, dans tous les districts, la commission électorale proposait aux Ougandais de venir tester ce dispositif.

Ils sont nombreux à avoir répondu au texto de la commission électorale les invitant à venir tester les machines biométriques. « Lors des primaires, c'était si tendu... Les gens pouvaient venir simplement avec leur carte et votaient. Je pensais que cela pouvait être le même problème, mais un agent de la commission électorale avait la bonne information et je sais que cela ne peut pas être utilisé par quelqu'un d'autre que moi », explique cette femme, satisfaite du système.

La peur de la fraude notamment du double vote est très présente. Harriet Ssebuwufu est candidate d'opposition au poste de maire à Kampala. Elle s'inquiète de cette technologie : « Aujourd'hui, ils nous montrent comment ils travaillent, ils sont très efficaces. Mais ils pourraient apporter des machines qui ne fonctionnent pas le jour J. Ils pourraient dire non, stop les machines se sont arrêtées, tous ceux qui n'ont pas été contrôlés ne pourront pas voter. »

La crainte de la panne est aussi au coeur des préoccupations des citoyens. Pour ce maçon dont les mains sont abîmées par le travail à la chaux, les empreintes ne sont pas reconnues par l'appareil. Malgré tout, pour Ntege Charles, responsable des opérations sur le terrain à la commission électorale, les machines fonctionneront : « C'est sûr, cela va marcher. Mais nous avons toujours une solution de repli. Nous avons encore nos registres nationaux d'électeurs. Donc au moindre problème... Ce qui ne peut pas arriver, je pense, parce que nous les avons testées à plusieurs occasions, nous avons effectué plusieurs entraînements, et jusqu'à maintenant il n'y a pas eu d'incident », explique-t-il, confiant.

Les bordereaux qui permettront aux électeurs d'être reconnus par les machines le jour du vote seront distribués à partir du 1er février.