RDC: ce que dit l'accord entre la Monusco et l'armée

Des casques bleus des forces spéciales lors de l'embarquement pour une opération de déploiement rapide de la Monusco dans l’Ituri. Un nouveau concept des Nations unies pour la protection plus efficace des populations civiles.
© MONUSCO/Abel Kavanagh

En République démocratique du Congo (RDC), la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) et les forces armées congolaises (FARDC) reprennent leurs opérations conjointes, dans l'est du pays. Elles avaient été suspendues il y a un an, en février dernier. La mission des Nations unies dénonçait alors la présence, dans les rangs de l'armée congolaise, de généraux soupçonnés de violations des droits de l'homme. Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, se réjouit que la coopération militaire reprenne. Que dit l'accord conclu e 28 janvier ? 

Cette reprise de la coopération était demandée depuis à maintes reprises par le Conseil de sécurité des Nations unies. C’est aujourd’hui chose faite. Une décision formalisée dans un accord daté du 28 janvier et signé par le nouveau patron de l’opération onusienne Maman Sidikou et le ministre congolais de la Défense Crispin Atama Tabe Mogodi. De sources concordantes, cet accord de trois pages définirait les grandes lignes de la coopération entre la force onusienne et les FARDC, mais devrait préciser dans d’autres documents en cours d’élaboration.

Que sait-on sur cet accord ? 

Cet accord définit les cibles et la principale reste les ADF. Priorité 2 : les FDLR. Viennent ensuite les autres groupes armés.

Il prévoit aussi la mise en place de plusieurs niveaux de coordination, d’officiers de liaison et un système d’évaluation tous les 45 jours.

Pour ce qui est du soutien logistique : que du classique, explique-t-on, rations, transports et évacuations sanitaires. Appui au combat, soutien renseignements, mais ce seront les soldats congolais qui seront au front. Le tout avec comme principe, dit-on de sources concordantes, le respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo et le crédit donné aux FARDC. 

Ce n’est pas nouveau, explique-t-on côté congolais, comme onusien. C’est juste une formalisation et l’espoir d’une meilleure mise en oeuvre. Pour ce qui est des conditionnalités et notamment en termes de soutien à des unités soupçonnées de violations des droits de l’homme, elles s’appliquent, mais ces questions se géreront sous le sceau de la confidentialité. Elles ne doivent en tout cas pas être un frein à la poursuite des opérations, a-t-on expliqué à RFI.

Il faut que la Monusco apprenne à écouter les Congolais, insiste un officier de l’armée congolaise. « C’est la Monusco qui a besoin de la reprise de la coopération et pas les FARDC ». Cet officier rappelle que l’armée congolaise fait sans eux depuis un an. « Il y avait déjà par endroits une collaboration de circonstances, mais ça va faciliter le rapport avec certains commandants », reconnaît pour sa part un officiel onusien, tout en assurant qu’il faudra rester très attentif au déroulement des opérations.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, se réjouit que la coopération militaire reprenne

Ce qui est important, c’est que les deux forces agissent de manière à ce que le plus rapidement possible, les populations se sentent sécurisées par la conjonction des efforts des Nations unies et du gouvernement congolais.
Julien Paluku
30-01-2016 - Par Michel Arseneault