Sénégal: l’ONU confirme la «détention arbitraire» de Karim Wade

Le président Abdoulaye Wade ajuste un ruban sur le costume de son fils Karim Wade, le 19 janvier 2011.
© AFP PHOTO SEYLLOU DIALLO

Au Sénégal, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a confirmé, ce samedi 30 janvier, son premier avis. Les experts onusiens estiment justement que la détention de Karim Wade est « arbitraire ». Suite à un recours de l’Etat sénégalais, le groupe s’est remis au travail et il vient, au final, de confirmer son premier avis de l’an dernier.

« La détention de Karim Wade au Sénégal est arbitraire ». Tout est dit dans le titre du communiqué publié.

Ce nouvel avis de l’ONU reprend l’argumentaire publié en avril 2015. Ainsi, le recours demandé par l’Etat sénégalais, l’an dernier, n'a rien changé. Il a d’ailleurs été rejeté « pour absence de fait nouveau ».

Les avocats du Sénégal avaient notamment soupçonné un conflit d’intérêts, car l’un des cinq experts du groupe était Béninois, comme l’un des co-accusés de Karim Wade. Le groupe de travail a considéré ces allégations comme étant « dénuées » de tout fondement.

Les experts de l’ONU pointent notamment du doigt le dysfonctionnement de la Cour de l’enrichissement illicite dont le système se base sur le renversement de la charge de la preuve. Ils ont également mis en avant la durée jugée « abusive » de la détention préventive de Karim Wade, à savoir 23 mois entre son arrestation et le prononcé du jugement.

« Il faut préciser que ce groupe de travail n’a jamais dit qu’il faut libérer Karim Wade », a indiqué l’un des avocats de l’Etat avant d’ajouter qu’ « il y a beaucoup de manipulation » autour de cet avis.

Du côté des avocats de Karim Wade, on se félicite.

« Aujourd’hui, rien ne les autorise à garder Karim Wade en prison, sauf en violant la loi », a déclaré l’un d’eux.

La bataille politique et juridique ne fait donc que se prolonger.