Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré (gauche), en compagnie de son homologue ivoirien Alassane Ouattara, le 29 janvier 2016 à Addis-Abeba en marge du 26e sommet de l'UA.
© Service presse présidence ivoirienne

Vendredi 29 janvier 2016 à Addis-Abeba, avant l'ouverture ce samedi matin du 26e sommet de l'UA, une rencontre surprise a réuni les présidents de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso. Cet entretien était important, deux semaines après l'annonce d'un mandat d'arrêt de la justice burkinabè contre Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale ivoirienne.

Avec notre envoyé spécial à Addis-Abeba,  Christophe Boisbouvier

« Il était temps que les deux hommes se parlent », souffle un familier des deux présidents. Il y a deux semaines, lorsqu'on a appris qu'à la suite du putsch manqué de septembre dernier à Ouagadougou, la justice militaire burkinabè lançait un mandat d’arrêt international contre Guillaume Soro, deuxième personnage de l'Etat de Côte d’Ivoire, l’entourage de celui-ci a aussitôt parlé d’un geste inamical et la tension est montée entre les deux pays.

Depuis, les relations étaient tendues entre les deux pays. Mais vendredi soir, Alassane Ouattara et Roch Marc Christian Kaboré ont joué l’apaisement. Les deux chefs d’Etat, qui se connaissent depuis longtemps et s’apprécient, se sont rencontrés dans la suite qu’occupe le président ivoirien dans un grand hôtel d’Addis-Abeba. Leur tête-à-tête a duré plus d’une heure. Et à la sortie, ils se sont affichés côte à côte, tout sourire, devant micros et caméras.

Le président burkinabè a pris la parole : « Nous devons consolider l’axe Burkina-Côte d’Ivoire avec Roch Marc Christian Kaboré, a-t-il dit. Les événements qui ont pu se passer çà et là doivent relever du passé, nous devons rétablir la confiance au sommet et entre les peuples. Et je crois que de part et d’autre, des dispositions seront prises pour que cela en soit ainsi. »

Les journalistes se sont alors tournés vers Alassane Ouattara, pour qu’il s’exprime à son tour, mais le président ivoirien a décliné l’offre d’un geste qui voulait dire qu’il acquiesçait et qu’il n’avait rien à ajouter.