Attentats de Boko Haram au Nigeria et au Tchad

Le groupe islamiste Boko Haram a mené des attaques au nord-est du Nigeria et au Tchad sur la région du Lac Tchad, les 30 et 31 janvier 2016.
© Google Maps

Selon un nouveau bilan publié ce lundi 1er février, au moins 85 personnes ont été tuées samedi soir par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, tandis qu'au Tchad voisin deux attentats-suicides ont fait dimanche trois morts et une cinquantaine de blessés dans une région où le groupe islamiste nigérian multiplie les attaques.  

Selon l'armée nigériane et des témoins locaux, les insurgés de Boko Haram ont attaqué samedi Dalori, une localité proche de Maiduguri, avant de détruire le village.

Selon un chef local cité par l'AFP, au moment de l'attaque, « beaucoup de personnes se sont réfugiées dans la brousse, moi inclus », raconte Malam Masa Dalori qui ajoute : « Quand nous sommes revenus le matin suivant, le village entier avait été rasé. Au moins 50 personnes ont été tuées et il y a beaucoup de blessés. »

Le village de Dalori se trouve à proximité de camps de déplacés qui ont fui les attaques depuis sept ans d'insurrection de Boko Haram, qui a rallié l'organisation de l'Etat islamique (EI).

Le communiqué de l'armée nigériane ne donne pas de bilan. Selon le porte-parole de l'armée nigériane Mustapha Anka, les islamistes « sont arrivés dans le village dans deux voitures et des motos, ont ouvert le feu et brûlé des maisons ». Trois femmes kamikazes ont tenté de se mêler aux villageois, ont été « interceptées puis ont explosé », précise-t-il. 

Vue du village de Dalori, près de Maiduguri, où des dizaines de villageois ont été tués par Boko Haram, le 30 janvier 2016. © Google Maps

 Au Tchad voisin, deux attentats-suicides dans deux localités du Lac Tchad

Le premier kamikaze, arrivé en moto, ce dimanche 31 janvier, a tenté de s’introduire dans le marché de Guié, un village situé sur les rives du lac Tchad. Il est aussitôt repéré par les membres du comité de vigilance qui tentent de l’intercepter. L’homme actionne sa charge et tue un membre du comité. La déflagration fera aussi 32 blessés.

« Il aurait pu faire plus de dégâts s’il n’avait pas été repéré à temps, dimanche étant le jour du marché de Guié », estime une source sécuritaire.

Quelques minutes plus tard, c’est dans le village de Miterine, pas loin de Guié, qu’un autre kamikaze fait exploser sa charge à côté d’une mosquée, tuant deux personnes et blessant vingt-quatre autres. La plupart des blessés sont soignés dans les hôpitaux de la région. Quelques cas graves ont été transportés à Ndjamena.

Pendant ce temps, l’alerte a été donnée par les Services de sécurité qui ratissent le secteur, histoire de s’assurer que d’autres kamikazes n’ont pas réussi à s’infiltrer.

La région du Lac Tchad est placée sous le régime de l'état d'urgence pour tenter de lutter contre les attaques de Boko Haram. Le groupe islamiste multiplie les attentats-suicides au Nigeria, au Cameroun, au Tchad et au Niger et n'hésite pas à utiliser comme kamikazes des femmes et des enfants.