Algérie: les binationaux bientôt exclus de la vie politique?

Deux femmes à la station de métro d'Alger.
© AFP/FAROUK BATICHE

Le nouveau texte, présenté début janvier, exclut les binationaux de la vie politique algérienne. Ce week-end, le chef de cabinet de la présidence, Ahmed Ouyahia, a expliqué que si des binationaux étaient intéressés par la politique en Algérie, il n'avaient qu'à abandonner leur deuxième nationalité. Des discours qui ne passent pas.

L'article 51 stipule que la nationalité algérienne exclusive est nécessaire pour les hautes fonctions de l'Etat et les fonctions politiques. Sarah, 27 ans, algérienne et française, a fait ses études supérieures en France. Pour elle, faire barrage aux binationaux, c'est faire barrage à des compétences.

« Y'en a de pus en plus qui sortent de grandes écoles, qui ont de grandes expériences, qui peuvent apporter un plus à leur pays, et qui seraient justement très heureux de le faire, mais qui ne veulent pas se passer d'une identité parce qu'ils ont vécu de nombreuses années dans un autre pays, ils ont une double culture. Ce que l'on ne comprend pas, c'est que cette culture est une richesse, et je ne vois pas pourquoi on essaierait de la limiter. »

Amina, elle aussi, est en colère. Cette salariée de 28 ans, vivait en France. Elle a décidé de venir s'installer en Algérie il y a quatre ans. « C'est juste agaçant de devoir constamment prouver qu'on est plus Algérien, de venir ici, de vivre ici, de travailler ici, de payer des impôts ici. J'estimais que j'étais Algérienne au même titre que les autres et là on est en train de me dire "non, on ne te croit pas, on ne te fera jamais confiance, il faut encore que tu abandonnes la précédente nationalité". »

Des associations et la députée des Algériens de l'étranger demandent le retrait de l'article 51. Le projet de Constitution doit être adopté mercredi par le Parlement.