Marikana: vers une plainte contre l’ancienne commissaire de police?

Devant la mine de platine de Marikana, en Afrique du Sud.
© REUTERS/Skyler Reid

En Afrique du Sud, rebondissement dans l'affaire de la tuerie de Marikana : une commission interne aux forces de l’ordre recommande de porter plainte contre la commissaire de police de l’époque. En août 2012, 34 mineurs avaient été abattus par la police lors d’un mouvement de grève. Et pour ces mineurs et leur famille, c’est le début d’une forme de justice.

Presque quatre ans après les faits, personne n'a été poursuivi pour la tuerie de Marikana. Ce massacre dans une mine de platine a fait 34 morts et 270 blessés, quand la police a ouvert le feu sur des mineurs en grève. Une commission d'enquête indépendante a depuis été mise sur pied.

Celle-ci avait attribué la responsabilité de ce drame essentiellement aux policiers et exonéré tous les responsables politiques, notamment le ministre de la Police de l’époque, ainsi que l’actuel vice-président de la République Cyril Ramaphosa. A l’époque, ce dernier était membre du conseil d'administration de la compagnie minière et avait demandé une réponse ferme face aux grévistes. La commission a juste recommandé une enquête sur les capacités de la commissaire nationale de police Riah Phiyega à occuper son poste.

Le vice-président en ligne de mire

Suite à ce rapport, les mineurs avaient été extrêmement déçus qu’il n’y ait pas de poursuites en justice. Ce n’est que sous la pression, notamment des partis politiques d’opposition, que le gouvernement a fini par suspendre la commissaire.

Enfin, ce mardi matin, une section des forces de l’ordre qui s’occupe des enquêtes en interne a recommandé des poursuites judiciaires contre celle-ci ainsi que contre trois autres responsables de la police, notamment le commissaire de police de la province où se situe Marikana.

L’affaire est maintenant entre les mains du procureur de la République. C’est à lui d’ouvrir la procédure. C’est une première et c’est un petit pas vers la justice. Cependant, les avocats des mineurs disent qu’ils ne sont pas entièrement satisfaits. Pour eux, Riah Phiyega n’est qu’un bouc émissaire. Ils veulent la tête de gens qui sont au-dessus d’elle : le ministre de la Police et le vice-président Cyril Ramaphosa.