Ouganda: le général et opposant David Sejusa devant la justice

Le général David Sejusa debout dans le box des accusés devant la cour martiale, à Makindye, près de Kampala, le 2 février 2016.
© REUTERS/James Akena

Le procès devant la cour martiale du général David Sejusa s’est ouvert à Kampala. Ancien compagnon de révolution de Yoweri Museveni, il est désormais très critique avec le président, affirmant que ce dernier trahit les valeurs pour lesquelles ils se sont battus. Arrêté dimanche, à trois mois avant les élections générales, il a été emmené devant la cour mardi matin.

« Depuis que j'ai été arrêté, aucune charge ne m'a été lue. C'est la première fois que je les entends. » Le général David Sejusa s'est calmement exprimé devant la cour, mardi. Les charges pesant sur lui ont été découvertes par ses avocats pendant l'audience. Cinq en tout, dont participation à des activités politiques, insubordination et conduite préjudiciable à l'ordre et à la discipline.

Opposant virulent au président Yoweri Museveni, n'hésitant pas à le qualifier publiquement de « dictateur », pour un de ses avocats il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un procès politique. « Nous le retrouverons libre après les élections, après le 18 février, explique-t-il. Ce que je pense, c'est qu'ils ne veulent pas le voir rejoindre un camp politique. Je sais que c'est juste un procès politique. »

Toujours considéré comme un membre de l'armée, le général Sejusa a par le passé demandé à ne plus être lié à cette institution. Sa demande doit être traitée au mois d'avril par la Cour suprême.

Le capitaine Edward Birungi, en charge des relations publiques, assure que ce procès est parfaitement légal. « L'opposition ne devrait pas relater cela comme une affaire politique. Parce que cela n'a rien à voir avec la manière dont nous conduisons nos affaires en tant que militaires. Donc nous suivons la procédure et il n'y a rien qui soit fait en dehors de la loi », assure-t-il.

Le général, qui s'était exilé au Royaume-Uni en 2013 après avoir déclaré que le président Museveni était en train de préparer soin fils à sa propre succession, jouit d'une certaine popularité et des anonymes se sont réunis à la sortie pour l'applaudir. A quinze de jours des élections présidentielles, certains critiques y voient un procès qui tombe à pic.

► A (RE)ECOUTER : Ouganda: «Ce n’est pas une dictature avec un gros bâton»

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.