La tension monte entre cultivateurs et éleveurs centrafricains

Bétail arrivant à un point d'eau (photo d'illustration).
© RFI / Agnès Rougier

En République centrafricaine (RCA), la crise et la présence des groupes armés dans la région de Kabo ont entraîné des modifications des routes de transhumance. D’un côté, les éleveurs se plaignent de problèmes d'accès à l'eau et d'insécurité sur les routes, de l’autre, les cultivateurs affirment que leurs champs sont dévastés par les bœufs et accusent leurs propriétaires de violences.

La dualité entre cultivateurs et éleveurs est un sempiternel problème en RCA, souligne le représentant des éleveurs de Kabo, une zone proche de la frontière tchadienne. Il reconnaît toutefois que la crise a désorganisé les comités mixtes qui avaient l'habitude de se réunir pour anticiper et atténuer les conflits.

Mais les éleveurs préviennent les agriculteurs de leur passage, affirment-ils. Faux, rétorque Marcel, habitant d'un petit village : « Eux ils viennent pour manger les tiges de mil. Nous on doit les couper et après attendre une semaine pour venir ramasser la tige. On n’a pas pu le faire, car ils ne nous ont pas prévenus. Ils sont venus brusquement, comme ça. »

Les ex-Seleka contrôlent la région

Plusieurs groupes d'éleveurs circulent dans cette zone : des Centrafricains, mais aussi des nomades venus du Tchad, pointés du doigt par les agriculteurs. Ils profiteraient d'une certaine impunité due au fait que ce sont les ex-Seleka qui contrôlent la région.

« Quand ils arrivent, on n’a rien à faire parce que nous n’avons pas de fusils. Nous sommes des paysans. S’ils veulent saccager des choses, qu’ils y aillent et puis c’est tout », estime ainsi Jonas.

Après plusieurs récoltes manquées, la prochaine campagne agricole s'annonce cruciale, d'autant que la moitié de la population centrafricaine est menacée de famine, selon l'ONU.