RDC: les propos d’Hervé Ladsous sur RFI démentis par les autorités

Des soldats de la Monusco, le 23 octobre 2014, à Beni.
© AFP PHOTO / ALAIN WANDIMOYI

Les propos d'Hervé Ladsous sur l'antenne de RFI, ce mardi matin, concernant la reprise de la coopération entre le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) ont fait réagir le gouvernement congolais.

Cinq jours après la signature d’un accord sur la reprise de la coopération entre le gouvernement et la Monusco, un premier couac. Hervé Ladsous, le patron des opérations de maintien de la paix des Nations unies était l’invité de la rédaction ce mardi matin sur RFI. Au micro de Christophe Boisbouvier, il est revenu sur cet accord. Il a notamment dit que la bonne nouvelle, c’était que le gouvernement souhaitait la reprise de cette coopération. Or depuis un an, Kinshasa avait fait la sourde oreille malgré les demandes répétées du Conseil de sécurité.

Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement de la RDC
02-02-2016

Une lecture qui n'est pas du goût de Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement congolais. « Les déclarations que monsieur Ladsous a faites ce matin sur votre chaîne sont truffées d’inexactitudes et sont inacceptables pour le gouvernement parce qu’elles ne rendent pas compte des circonstances qui ont entouré la reprise de cette collaboration entre les FARDC et la Monusco », dit-il.

Mais ce n’est pas tout. Hervé Ladsous a également parlé du cas des deux généraux soupçonnés par l’ONU d’avoir commis des violations des droits de l’homme, ce qui avait été à l'origine de la suspension de la coopération. Le patron du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU a expliqué que le problème était réglé puisque l’un de ces deux généraux avait des ennuis avec la justice et l’autre aurait été redéployé.

Une vague de coups de fil

Après la diffusion de l’interview d’Hervé Ladsous sur RFI, il y a eu une avalanche de coups de téléphone. De hauts responsables de la Monusco en direction du gouvernement, de l’état-major et même de la présidence pour tenter de calmer la colère des autorités congolaises.

Colère, car au titre de l’accord signé la semaine dernière, la question de la conditionnalité, c’est-à-dire des conditions notamment en termes de respect des droits de l’homme posées par la Monusco pour apporter son soutien, devait se discuter sous le sceau de la confidentialité. Colère également, car la communication, toujours au titre de cet accord, devait être conduite en priorité par l’armée congolaise elle-même.

Concrètement, sur la question des deux généraux, le porte-parole du gouvernement congolais dément les informations données par Hervé Ladsous. Selon Lambert Mendé, ils seraient tous les deux toujours en poste. Le général Fall Sikabwe n’aurait pas été rappelé à Kinshasa pour des faits d’indiscipline, mais serait simplement en formation. Quant au général Bruno Mandevu, il est toujours officiellement à la tête des opérations dites Sukola II, notamment contre les FDLR au Nord Kivu.

Si une ordonnance présidentielle concernant une éventuelle mutation avait pu être envisagée pour lui ou d’autres, elle n’a jamais été signée, a-t-on appris de source officielle. Reste que cette affaire embarrasse au plus haut point la Monusco et ses nouveaux dirigeants qui avaient tant bataillé pour obtenir la reprise de cette coopération.

A noter que le gouvernement n’a jamais évoqué une éventuelle rupture de l’accord signé la semaine dernière.