«Modern Express»: polémique au Gabon autour du bois transporté

Le cargo en détresse «Modern Express», le 29 janvier 2016.
© REUTERS/Loic Bernardin/Marine Nationale

Au Gabon, une controverse fait rage sur la cargaison de bois que transportait le navire « Modern Express », à la dérive au large des côtes françaises. La presse française a affirmé qu’il s’agissait de grumes, une information qui a choqué les Gabonais parce qu’il est interdit de les exporter depuis 2010.

La polémique a éclaté via les réseaux sociaux. Les Gabonais sont indignés d’apprendre que les billes de bois sortaient encore du pays. Pour cause, il est strictement interdit d’exporter les grumes sans une première transformation depuis 2010.

« Il faut rapidement mener une commission rogatoire, que la justice gabonaise se saisisse et qu’une commission rogatoire aille au prochain port pour que la lumière soit faite », a déclaré Nicaise Moulombi, président de l’ONG Croissance saine environnement. 

De son côté, le directeur général de Nécotrans, la société qui a chargé le bateau, réfute ces accusations. « Nécotrans Gabon vous confirme avoir uniquement chargé des colis de bois débité. Nécotrans indique par ailleurs n’avoir chargé aucune grume ou bille de bois dans ce navire, lors de cette escale au Gabon, conformément à l’interdiction gouvernementale de 2010 de charger des grumes à l’export », a affirmé Geert Van Gansbeke.

Le patron de la douane gabonaise a corroboré ces propos, documents à l’appui. Mais le ministre de l’Economie, de la Promotion des investissements et de la Prospective, demande plus de preuves.

« Pour l’instant, j'ai saisi le ministre de l’Intérieur pour entrer en contact avec Interpol afin de suivre le débarquement pour qu’on sache exactement l’origine de ce bois », a informé Régis Immongault. 

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