Le groupe Etat islamique gagne du terrain dans le chaos libyen

Des installations pétrolières après une attaque du groupe Etat islamique, à Ras Lanouf, le 23 janvier 2016.
© REUTERS/Stringer

Au lendemain d'une réunion des représentants de 23 pays à Rome pour faire le point sur la lutte contre l'organisation Etat islamique, la communauté internationale a redit son inquiétude sur l'essor de l'organisation en Libye. Mais du même souffle, celle-ci écarte pour le moment une intervention militaire afin d'endiguer la menace. Les alliés de la Libye disent vouloir encore privilégier la solution politique. Mais force est de constater que c'est toujours l'impasse avec deux autorités rivales et un troisième gouvernement dit « d'unité » formé sous l'égide de l'ONU qui n'est toujours pas accepté par les belligérants. Ce qui laisse le champ aux jihadistes pour gagner du terrain.

En Libye, le groupe Etat islamique trouve un environnement plus favorable qu'au Moyen-Orient : pas de frappes massives, pas de gouvernement pleinement fonctionnel.

A Syrte, son fief aux bords de la Méditerranée depuis l'an passé, l'organisation EI a imposé son ordre comme il l'a fait en Syrie et en Irak. Selon l'ONU, on y trouverait la moitié des 3 000 membres du groupe en Libye.

Percée vers l'est

Depuis Syrte, le groupe EI s'est élancé vers l'est. Le mois dernier, il a pris Ben Jawad, verrou stratégique vers les installations pétrolières, objectif numéro un de l'organisation.

Dans l'est libyen, la présence des jihadistes est plus résiduelle. Le groupe a été chassé en juillet dernier du centre de Derna, première ville libyenne qu'il occupait en 2014. Mais en périphérie, des combats l'opposent toujours à des milices islamistes rivales et aux soldats du général Khalifa Haftar.

Dans le même temps, l’organisation engrange des soutiens, comme à Ajdabiya, dans l'est, où une milice locale lui a fait allégeance.

Jonction logistique

Elle a aussi acquis les moyens de mener des attentats très meurtriers, comme le mois dernier à Zliten, dans l'ouest libyen : plus de 50 morts.

Enfin, à mesure que le groupe EI se renforce en Libye, les risques sont plus grands de le voir créer la jonction logistique avec d'autres groupes jihadistes de la sous-région, à travers le vaste désert du sud libyen.