Mali: la situation humanitaire demeure très précaire dans le Nord

La rivière Bani, et au loin, une forêt, à Mopti, dans le nord du Mali.
© AFP PHOTO / JOHN MACDOUGALL

Les organisations des Nations unies et les autorités maliennes ont lancé ce mardi un plan humanitaire pour l'année 2016. Ce plan devrait mobiliser près de 354 millions de dollars, pour financer notamment 127 projets. Selon l’ONU, près de 2,5 millions de personnes sont dans le besoin, qu'ils habitent à Mopti, Gao ou Tombouctou.

Suite au déclenchement de la crise dans le nord du pays, plusieurs postes et districts de santé ont été ciblés. Dans certaines villes, ces infrastructures sont encore endommagées.

D'après Abdou Sidibé, responsable au Centre pour le dialogue humanitaire, la crise n'a fait que renforcer le manque ressources des structures de santé : « Il y a non seulement le problème de la réhabilitation des infrastructures existantes qui, à la suite de l’occupation [par les groupes séparatistes ou islamistes], ont été abandonnées, délabrées et qu’il faut réparer et réhabiliter. Et en plus de cela, il faut doter [la population] au moins en médicaments pour faire face à des maladies comme la fièvre ou le paludisme ».

Dans un tel contexte, certains médecins s'inquiètent de la recrudescence des cas de malnutrition chez les enfants. Plus généralement, la crise s'est traduite par des difficultés d'accès aux denrées et aux moyens d'existence de base.

Près de Gao, Moussa, un fonctionnaire, décrit une localité paralysée, où les écoles n'ont pas pu reprendre leurs activités : « Il y a des écoles qui sont fermées depuis plus de deux ans, car les enseignants sont dans l’insécurité. Et les syndicats de l’éducation ont décrété que là où il n’y avait plus d’Etat, les enseignants ne doivent pas aller. Au début, il était prévu que l’on recrute les enfants du terroir, qui sont du milieu, pour qu’ils puissent rouvrir les écoles et enseigner à leurs petits frères. Cela aussi, ça n’a pas été fait. »

ONG, fonctionnaires, élus locaux, tous sont d'accord sur un point : seul le retour de la sécurité favorisera la reprise des activités économiques et sociales dans le nord du pays.