Affaire Nkandla: Julius Malema ne veut pas d'un remboursement de Zuma

Julius Malema, le leader du parti radical EFF, à Johannesburg, le 27 janvier 2016.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le chef de l'Etat sud-africain, embourbé dans un scandale d'utilisation de fonds public à des fins privées pour sa résidence de Nkandla, a proposé cette semaine de rembourser une partie des 15 millions d’euros utilisés. Mais le leader de la gauche radicale Julius Malema, qui a porté plainte auprès de la Cour constitutionnelle, refuse toute solution négociée.

Sans surprise, Julius Malema a rejeté l'offre du président Jacob Zuma. Le président sud-africain, acculé, a proposé de rembourser une partie des 15 millions d'euros d'argent public déboursés pour rénover sa résidence privée de Nkandla.

Refus du compromis

Pour le chef de l'Etat, il s'agit d'éviter que la Cour constitutionnelle ne se saisisse de l'affaire. Mais pour Julius Malema, le leader des Combattants pour la liberté économique (EFF), qui est à l'origine de la plainte, il est hors de question de trouver une solution négociée. « Il a toujours dit qu'il n'a jamais demandé ces travaux dans sa résidence et qu'il ne rembourserait pas un centime, rappelle-t-il. Et tout à coup, il dit qu'il va payer, parce qu'il pense pouvoir gagner du temps. C'est ce qu'il fait à chaque fois. »

Julius Malema veut que l'affaire aille jusqu'au bout et que le chef de l'Etat reconnaisse qu'il y a eu abus de fonds publics. « Tout ce qu'il a énuméré, l'amphithéâtre, le poulailler, la piscine ne sont pas des travaux pour améliorer sa sécurité. Et nous n'avons pas besoin d'une énième commission d'enquête pour nous le dire, assène-t-il. Non, nous devons nous mettre d'accord devant la Cour, il s'agit d'une piscine qui n'a rien à voir avec sa sécurité et il doit rembourser. »

Décision de la Cour constitutionnelle mardi

La Cour constitutionnelle a donné jusqu'à demain vendredi aux deux partis politiques à l'origine de la plainte pour examiner l'offre du président. Après quoi, elle donnera son avis mardi prochain. Pour Julius Malema, il en va du respect de la Constitution. « Il ne s'agit pas d'une bataille entre Zuma et nous, insiste-t-il. Il s'agit d'une affaire juridique pour soutenir la Constitution de ce pays. Zuma a détruit l'exécutif, détruit le Parlement, tout ça par égoïsme. Et nous n'allons pas le laisser transformer notre pays en un énième Etat africain défaillant. »

Le leader des combattants de la liberté économique appelle à manifester contre la corruption devant la Cour constitutionnelle le jour où la plainte sera examinée. Il a également promis de perturber le discours à la nation du chef de l’Etat en fin de semaine prochaine. Difficile d'imaginer à ce stade comment le chef de l'Etat va pouvoir éviter une décision de justice qui risque de lui être défavorable.