Elections en RCA: une seconde campagne qui coûte cher aux candidats

La Cour constitutionnelle centrafricaine a décidé d'annuler le premier tour des législatives et le second tour de la présidentielle du 30 décembre en raison de fraudes et d'irrégularités massives.
© ISSOUF SANOGO / AFP

En Centrafrique, la campagne des élections législatives a démarré samedi, mais à Bangui, elle marche au ralenti. La décision de la Cour constitutionnelle de transition d'annuler le premier tour des législatives en raison de fraudes et d'irrégularités massives et de recommencer le vote le 14 février a surpris tout le monde, en particulier les candidats, qui doivent refaire une campagne de premier tour. Un surcoût imprévu et non sans conséquence.

Elvis Bindala est candidat dans le 6e arrondissement de Bangui. En décembre, sa campagne lui avait coûté 7 à 8 millions de francs CFA (entre 10 000 et 12 000 euros environ). S'il peut recommencer pour le 14 février, c'est grâce au soutien financier de l'un des finalistes de la présidentielle. « J’avais acheté des t-shirts pour faire ma publicité. (…) Pour les réunions, on ne va pas parler aux gens comme ça gratuitement, il faut aller voir le chef du quartier. Il faut aussi payer le carburant des voitures pour faire des caravanes, les locations de camions, tout ça », rappelle-t-il.

Tout le monde n'est pas dans ce cas-là. Marie Annick Service est candidate indépendante. Elle fait campagne avec ce qu'elle avait prévu pour un éventuel second tour. Mais ce qu'elle déplore, c'est la précipitation avec laquelle il a fallu se remettre en campagne. « On aurait pu au moins laisser trente jours aux candidats pour pouvoir essayer de se retourner un peu financièrement pour pouvoir préparer et battre campagne comme il faut, estime-t-elle. En ce moment, je suis en train de battre campagne avec mes propres moyens. »

Désistements

Au nord de Bangui, à Bégoua, Virginie Mbaïkoua, elle aussi, creuse le déficit. Mais elle voit cette nouvelle campagne de premier tour comme une chance. « J’essaie déjà de faire les secteurs où je n’ai pas pu aller au premier tour, explique-t-elle. Par contre, là où je suis déjà passée, j’envoie seulement mes représentants pour aller rassurer la population sur le fait que je me représente à nouveau parce qu’il y a beaucoup de désistements. Donc on essaie de s’en sortir. »

Le surcoût d'une nouvelle campagne et les ralliements ou alliances politiques devrait faire baisser le nombre de candidats aux législatives. Ils étaient près de 1 200 en décembre.

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