A Madagascar, urgence dans la lutte contre les crapauds d’Asie

Spécimen de crapaud d'Asie qui ont envahi Madagascar.
© Docteur James Reardon

A Madagascar, une étude sur le crapaud d'Asie, une espèce toxique invasive, vient d'être publiée. Repérés sur la Grande île pour la première fois en 2010, près de la ville de Tamatave sur la côte Est, ces crapauds seraient aujourd'hui au moins quatre millions. Les chercheurs tentent de mettre au point une méthode pour les éradiquer. Il faut faire vite, selon eux, pour mettre un terme au fléau, car il sera bientôt trop difficile et coûteux de s'attaquer à cette espèce.

Au sud de la ville de Tamatave, les crapauds d'Asie seraient 4 millions sur un territoire de seulement 100 km2, mais le front d'invasion progresse de deux kilomètres chaque année. Et pour le docteur James Reardon, chercheur du service de Conservation du gouvernement de Nouvelle-Zélande, les conséquences de leur présence sur l’île sont déjà visibles : « Ces crapauds sont toxiques, donc ils peuvent tuer leurs prédateurs. Cela peut perturber l'écosystème et même causer l'extinction de certaines espèces. Un autre danger, c'est pour la santé humaine. Ici on mange les grenouilles, alors il y a de sérieux risques pour que les gens meurent en s'empoisonnant ».

Impact à long terme

Le docteur craint aussi un impact à long terme pour l'économie. Certains pays comme l'Australie refusent en effet d'importer les biens des pays où l'animal est présent. Son équipe propose donc d'éradiquer le crapaud d'Asie à Madagascar : « Nous aurions besoin facilement de 3 à 5 millions de dollars sur 5 à 7 ans. C'est énorme, mais ces frais ne sont rien par rapport aux coûts économiques et sociaux sur le long terme ».

Pour le chercheur, il y a urgence, car les crapauds s'apprêtent à coloniser une zone plus sauvage, les Pangalanes, où ils seront beaucoup plus difficiles à atteindre.