Les prises d’otages se multiplient dans le delta du Niger

Vue du delta du Niger.
© AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI

Des pirates ont pris en otage cinq membres d’un équipage après avoir arraisonné leur navire-citerne, vendredi 29 janvier, à 200 kilomètres au large du Nigeria. Les ravisseurs ont pris la fuite avec leurs otages, y compris le capitaine, un Philippin. Les actes de piraterie maritime se multiplient dans les eaux nigérianes depuis l’arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari.

Vendredi soir, le Leon Dias, un chimiquier battant pavillon libérien, est abordé par des hommes armés. Selon la marine nigériane, les pirates sont repartis à bord de leur bateau avec cinq otages, deux Philippins, un Russe, un Ukrainien et un Géorgien.

Les pirates ne s’aventurent pas aussi loin en temps normal, mais nous ne sommes pas en temps normal. Depuis la mi-janvier 2016, plus de trente personnes ont été prises en otage, tant sur terre qu’en mer.

Tous les regards sont tournés vers celui que l’on surnomme Tom Polo, un ancien militant du Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger, le Mend. Il est en fuite depuis que la Haute cour d’Abuja l’accuse de fraude. Après que l’ancien président Goodluck Jonathan l’a amnistié, Tom Polo aurait remporté de juteux contrats de sécurité fournissant bateaux, patrouilles et services de protection en mer.

Au large de Cotonou

Or les temps ont changé, selon Dirk Steffen, directeur de la sécurité maritime chez Risk Intelligence à Hambourg : « Le groupe qui avait bénéficié de l’amnistie sous l’ancien gouvernement ne bénéficie plus de lucratifs contrats de sécurité. On leur a coupé les vivres. Par conséquence, ces groupes se tournent donc vers d’autres activités illégales, y compris des actes de piraterie. »

Le Leon Dias se trouve actuellement au large de Cotonou. Contacté par RFI, l’état-major des forces armées du Bénin n’a pas souhaité s’exprimer.