RCA: l’insécurité sur les routes, autre mal du pays

Militaire camerounais déployé à Bangui en RCA dans le cadre d’une mission onusienne de maintien de la paix.
© FP PHOTO / REINNIER KAZE

A Kaga-Bandoro, les acteurs humanitaires tentent de mettre sur pied des hangars pour accueillir les déplacés après l'incendie qui a ravagé le site de l'évêché situé dans le nord de la RCA. 80% du site a brûlé et 4 000 personnes sont maintenant sans-abri. En plus des problèmes humanitaires, alimentaires, il y a des problèmes logistiques. La circulation est un gros problème autour de Kaga-Bandoro, mais aussi près de Kabo, dans la préfecture de Nana-Grébizi, dans tout le centre nord du pays en fait. Les routes restent dangereuses avec des braquages et des checkpoints plus ou moins improvisés.

Dans le nord de la RCA, l’ONG Solidarité International mène des programmes en eau, hygiène, assainissement et réponses d’urgence.

Julien Barbier, coordinateur terrain, gère au quotidien les difficultés qui entravent les mouvements des équipes : « Une route de 60 kilomètres, c’est environ 6 à 7 heures de route. Donc ça donne un peu une idée de l’état des routes. Problématiques sécuritaires : nous avons des problèmes actuellement notamment au niveau des coupeurs de route qui bloquent les convois en allant ou en revenant du terrain. On ne peut pas dire qu’il y a réellement de ciblage humanitaire puisque les braquages sur la population sont récurrents, voire plus importants que sur les convois humanitaires.

On a une certaine acceptation, nous, au niveau de la population. On y travaille tous les jours pour pouvoir rencontrer les différents groupes armés et également les autorités étatiques de la zone qui nous permettent d’avoir un accès humanitaire. On n’est pas du tout à l’abri par contre d’une ou deux personnes qui décident de prendre eux-mêmes l’initiative d’attaquer un convoi ».

Plus que le matériel humanitaire, ce sont surtout les biens personnels, téléphones, argent, qui sont visés. Et les violences physiques sont rares, selon Julien Barbier.

Néanmoins, la cicatrice au crâne de Mohamed, transporteur, témoigne qu’il n’en est pas toujours ainsi : « Il y a certains Seleka qui nous ont braqués quand on faisait le trajet. Je leur ai dit, l’argent je ne peux pas vous en donner. Quand je vous donne ça, j’arrive à la maison et mon patron m’a dit que c’est moi qui aie bouffé son argent. Je dois aller en prison. Subitement, il commençait à courir après moi avec la crosse armée ».

L’attaque avait eu lieu il y a quelques mois au nord-est de Kaga-Bandoro. Jeudi dernier, c’est à 12 kilomètres au sud qu’un taxi-moto a été tué.