Grève dans le milieu du pétrole en Côte d’Ivoire

Raffinerie de pétrole près d'Abidjan en Côte d'Ivoire.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

La société d’Etat, Société nationale d'opérations pétrolières de Côte d'Ivoire, Petroci, qui opère dans le secteur pétrolier et gazier, est confrontée à un mouvement de grève. Une grève due à une cinquantaine de licenciements sur 609 employés que le personnel juge abusive. La direction avance un audit et une situation difficile liée à la chute du cours du baril de brut.

« Quand on nous dit que nous sommes licenciés pour mesures économiques, mais ils se foutent du monde parce que, dans ce cas-là, il y a des procédures. Aucune procédure n’a été respectée », explique un salarié de l’entreprise. Et ils sont furieux les employés de Petroci, et particulièrement les cinquante qui ont été licenciés en janvier dernier pour raison économique. Il faut dire que la chute du cours du brut à 30 dollars le baril n'arrange pas les affaires d'une société d'Etat, qui est apparemment confrontée à de sérieux problèmes de gestion.

Pour l'exercice 2015, la société accuse un déficit de presque 25 milliards de francs CFA, à savoir 38 millions d'euros. « Nous ne sommes pas d’accord. Nous avons reçu les agents. Pour chacune et chacun, nous avons notifié la raison du licenciement, calculé les droits. Et ces droits ont été soldés. Ça, il faut le dire », tient à préciser Ibrahima Diaby, le directeur général de la Petroci.

Pour Jeremy Wondje, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des entreprises pétrolières, de gaz en Côte d’Ivoire, Syntepci, ces licenciements sont inacceptables, et les trois jours de grèves passés ont pour but de faire revenir la direction sur sa décision : « S’il est avéré que la société est en difficulté, alors le licenciement peut être opéré. Mais dans ce cas, nous n’avons eu à aucun moment la possibilité d’apprécier cette décision ».

Réunis ce jeudi après-midi à la Bourse du travail de Treichville, les quelque 300 salariés ont voté à l'unanimité la reconduction du mouvement de grève pour 72 heures, et en appellent aux ministres des tutelles pour débloquer la situation.