Rwanda: nombreuses questions après la perquisition d'un journal

Le centre de Kigali au Rwanda.
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Beaucoup de questions au Rwanda après la perquisition par la police rwandaise, mercredi 3 février au soir, des locaux du journal The East African appartenant au groupe kenyan Nation Media Group. A l'issue de cette perquisition un journaliste a été brièvement arrêté et deux ordinateurs ont été confisqués. La police rwandaise n'a pour l'instant pas donné les raisons exactes de cette descente musclée.

C'est vers 17 h 30, le mercredi 3 février au soir, que la police a fait irruption dans les locaux du journal The East African. Dotés d'un mandat de perquisition les officiers ont confisqué les ordinateurs de deux journalistes et ont interpellé l'un d'eux présent sur les lieux. Et ce, malgré l'absence de mandat d'arrêt selon des témoins. Ivan Mugisha, a été interrogé pendant plusieurs heures avant d'être relâché sans qu'aucune charge ne soit pour l'instant retenue contre lui.

Le journaliste n'a pas souhaité s'exprimer. Le porte-parole de la police rwandaise, s'est contenté d'expliquer que les enquêtes se poursuivaient, sans toutefois en préciser la teneur. Ivan Mugisha, est un journaliste d'investigation qui a l'habitude de traiter des sujets réputés sensibles rarement abordés dans la presse rwandaise. Sa dernière enquête portait sur une importante société rwandaise extraction de matériaux de construction, - co-détenue par une société kenyane - et suspectée notamment d'évasion fiscale.

La direction de Nation Media Group, à qui appartient The East African s'est simplement dite « heureuse » de la libération rapide de leur journaliste. L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a jugé choquante cette perquisition et a dénoncé « un acte d'intimidation ». « On se demande quel danger peut présenter un journaliste qui nécessiterait la présence de policiers armés », a dénoncé Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF.